Ce que l'on aime est comme une Mère. Cela nous enfante et nous régénère.

À lire aussi de Christian Bobin

Savoir vraiment quelque chose c'est savoir comme les nouveaux-nés et les vieillards, que nous baignons dans une lumière d'ignorance.
Penser, c'est regarder au fond d'un puits et y laisser filer un seau relié à une chaîne, et avoir le plaisir de le ramener plein à ras bord d'une eau noire où se reflètent toutes les étoiles.
Il faut ... vouloir ce que l'on aime, et il faut le vouloir d'une volonté profonde, pure de toute impatience, comme obscure à elle-même.
Il y a ainsi des gens qui vous délivrent de vous-même - aussi naturellement que peut le faire la vue d'un cerisier en fleur ou d'un chaton jouant à attraper sa queue. Ces gens, leur vrai travail, c'est leur présence.
Deux biens sont pour nous aussi précieux que l'eau ou la lumière pour les arbres: la solitude et les échanges.
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Dans la même œuvre

Une vie sans lecture est une vie que l'on ne quitte jamais, une vie entassée, étouffée de tout ce qu'elle retient.
Le bonheur va avec le malheur, la joie va avec la peine. Ce qui vous arrive ne va avec rien, ou bien avec tout.
Au lever de la vie, à l'aurore des yeux, on avale la vie par la bouche, par les mains, mais on ne tache pas encore ses yeux, avec de l'encre.
La muraille entre les riches et les pauvres est visible. Elle peut se déplacer ou s'effondrer par endroits. La muraille entre les lecteurs et les autres est bien plus enfoncée dans la terre, sous les visages.
A quoi reconnaît-on les gens fatigués? A ce qu'ils font des choses sans arrêt.