Les poètes le savent, les prophètes et les saints : que les mots sont aussi sexuels que le corps des femmes et que le souffle les fécondent s'ils se laissent épouser.
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Ce que j'aime dans la perte de la compréhension du langage - lorsque au milieu de la foule on ne perçoit plus le sens de ce qui s'échange dans les langues à soi étrangères - c'est la vérité éclatante de celui des corps, qu'aucun signifiant de la parole ne vient plus parasiter. Le corps sait, il témoigne en vérité de ce que le corset du bavardage recouvre, et dit absolument ce que le sujet identifié ignore ou refuse de savoir.
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Mais d'où cela vient-il donc que mon corps entier se mette à sourire. Ma tristesse inutile s'est dilapidée aux quatre vents de cet océan de terre, poussière d'écume insignifiante éparpillée dans ce tourbillon de calme. Le paysage est libre. Libre. C'est le singulier épousé par l'unité du tout. Socrate dit que « la sagesse commence dans l'émerveillement ».
Je ne sais que faire de mes cris, je suis nue avec cette violence et pourtant que la douceur m'est proche.
Dieu se réveillera-t-il un jour de sa sieste ou le rêve du monde se poursuivra-t-il aussi longtemps que son sommeil ?
C'est la même force qui sous-tend la contamination de cette araignée qu'est devenu Internet, qui abolit toute forme de distance, d'espace, supprimant, de fait, la possibilité d'aller et de venir, d'être en mouvement, donc vivant.
Dans la même œuvre
Je suis tranquille. J'ai un livre et de quoi écrire. Le temps peut aller, j'entre dans celui qui est hors.
La plupart des couples, absents l'un à l'autre, voyagent seuls à deux. C'est étrange comme ici les gens seuls semblent davantage "avec". C'est un paysage qui appelle la solitude. Par son immensité, sa puissance tranchante, il témoigne d'une vérité qui ne supporte aucun artifice. Face aux fjords, seule la solitude ne triche pas. L'indifférence du paysage est proche de l'amour.
Mais d'où cela vient-il donc que mon corps entier se mette à sourire. Ma tristesse inutile s'est dilapidée aux quatre vents de cet océan de terre, poussière d'écume insignifiante éparpillée dans ce tourbillon de calme. Le paysage est libre. Libre. C'est le singulier épousé par l'unité du tout. Socrate dit que « la sagesse commence dans l'émerveillement ».
Oui, retourner à la littérature, le seul lieu où l'ici et l'ailleurs sont enfin une même et unique existence.
Le voyage n'a de sens que s'il est issu d'une nécessité sensible.