Je ne me suis jamais guéri de la mort. Ce qui me scandalise le plus dans le monde, c'est de devoir mourir. Je n'aime pas la musique, et je n'aime pas mourir. Vous pouvez dire ça de moi.
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C'est un événement qui n'a pas trouvé sa fin, qui n'a pas trouvé sa terminaison. En ce sens on a le droit de dire que c'est une césure et c'est d'une certaine façon aussi l'aune à laquelle tout aujourd'hui se mesure. C'est le maître étalon de tout, de toutes les revendications, de toutes les comparaisons
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J'aime les lièvres, je les respecte, ce sont des animaux nobles... S'il y a une vérité de la métempsychose et si on me donnait le choix, c'est, sans hésitation aucune, en lièvre que je voudrais revivre.
Au cours des onze années durant lesquelles j'ai travaillé à sa réalisation, je n'ai donc pas eu de nom pour le film. “Holocauste”, par sa connotation sacrificielle et religieuse, était irrecevable ; il avait en outre déjà été utilisé. Mais un film, pour des raisons administratives, doit avoir un titre. J'en ai tenté plusieurs, tous insatisfaisants. La vérité est qu'il n'y avait pas de nom pour ce que je n'osais même pas alors appeler “l'événement”. Par-devers moi et comme en secret, je disais “la Chose”. C'était une façon de nommer l'innommable. Comment aurait-il pu y avoir un nom pour ce qui était absolument sans précédent dans l'histoire des hommes ? Si j'avais pu ne pas nommer mon film, je l'aurais fait.
L'assimilation est aussi une destruction, un triomphe de l'oubli.
Je crois que la création doit demeurer d'une certaine façon opaque. Si on veut être entièrement transparent à soi, translucide, je crois que la création est foutue.