C'est quand le ciel te tombe sur la tête, que tu découvres l'horreur. Que l'horreur existe dans le monde. Parce que tu bascules dans une autre vie, et que tu rencontres des gens dont t'imaginais même pas l'existence, ni la douleur.

À lire aussi de Jean-Claude Izzo

Marseille, qu'on y soit né ou qu'on y débarque un jour, dans cette ville, on a vite des semelles de plomb. Les voyages, on les prefere dans le regard de l'autre.
C'est quand le ciel te tombe sur la tête, que tu découvres l'horreur. Que l'horreur existe dans le monde. Parce que tu bascules dans une autre vie, et que tu rencontres des gens dont t'imaginais même pas l'existence, ni la douleur...
C'était une de ces nuits à la con où, dans son lit, tous les détails prennent une dimension démesurée, où l'on arrive plus à se raisonner, à comprendre, à admettre.
Les mots, les mots de l'amour, les je t'aime et tous les autres, mièvres, puérils, qu'on invente, s'étaient lentement effilochés. Ils n'évoquaient plus que des souvenirs. Des lambeaux.
Collectivement, la mort n'existe pas. Plus il y en a, moins ça compte. Trop de morts, c'est comme l'ailleurs. C'est trop loin. Ca n'a pas de réalité. N'a de réalité que la mort individuelle.
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Les mots, les mots de l'amour, les je t'aime et tous les autres, mièvres, puérils, qu'on invente, s'étaient lentement effilochés. Ils n'évoquaient plus que des souvenirs. Des lambeaux.
C'est quand le ciel te tombe sur la tête, que tu découvres l'horreur. Que l'horreur existe dans le monde. Parce que tu bascules dans une autre vie, et que tu rencontres des gens dont t'imaginais même pas l'existence, ni la douleur...