Même retraité, on reste militaire toute sa vie. Le colonel Buffet reçoit un blâme en 1905. Il est allé à la messe dominicale en uniforme juste après la séparation de l’Église et de l’État. Cette histoire de blâme peut paraitre surprenante à plus d'un siècle de distance mais à l'époque, les militaires se devaient de ne pas mélanger la fonction au service de l’État et les croyances personnelles. Une anecdote amusante de la vie de Charles de Gaulle éclaire cette dichotomie. Un des soupers organisé par le général tombant un vendredi , sa femme imagina de servir du poisson aux convives. L'histoire dit que l'échange fut sans appel : - Du poisson à des militaires un vendredi ? Yvonne, vous n'y pensez pas !
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C'est donc cela, la trentaine. Une fêlure sans éclair, un empoisonnement discret, un meurtre sans préméditation.
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À lire aussi de Claire Berest
Même retraité, on reste militaire toute sa vie.
Chaque couple a ses pierres d’achoppement ; on presse un bouton, on allume l’orage. Pour vider la rancoeur, croit-on, on remet sur le métier le tissu des discordes qui n’ont pas d’issue ; on dit les mots agaçants, on souligne les évidences, on gratte les plaies, on cherche le point de rupture. Un jeu malsain d’enfants. On joue à être bête, on joue à être naïf, on soulève les sujets cent fois évoqués, qu’on attaque par un angle nouveau, on s’affronte.
Son esprit affûté dans les salons mondains demeure celui d'une montagnarde. Elle a besoin de rocaille, d'un ciel qui se mêle à la terre, d'épines des sapins, de grosses chaussures lacées jusqu'aux mollets, de repas pris en silence après les efforts physiques de la marche et de la grimpe. Elle se lave de Paris.
Chaque couple a ses pierres d’achoppement ; on presse un bouton, on allume l’orage. Pour vider la rancoeur, croit-on, on remet sur le métier le tissu des discordes qui n’ont pas d’issue ; on dit les mots agaçants, on souligne les évidences, on gratte les plaies, on cherche le point de rupture.
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On peut couper le souffle, couper court, un brouillard au couteau, les ponts, la chique, le sifflet, les cheveux en quatre, à travers champs, l’herbe sous le pied. Mais on ne coupe pas le coeur, on le brise.
L'amitié prend l'autre en charge dans son absolue et sordide entièreté, comme les mères, elle prend en charge le quotidien et l'exceptionnel au coude à coude sans autre transition qu'une reprise de souffle, les amis sont prêts à tout traiter, la vie, la mort, c'est d'accord. Le véritable ami qu'on rencontre ressemble à une déflagration.
Le véritable ami qu'on rencontre ressemble à une déflagration.
Ce que l'on saisit d'une personne inconnue, à l'instable seconde de la rencontre, est vulnérable et définitif. Cette image capitale s'évanouit à la première parole, au premier rire.
Dire que l'on va bien en toutes circonstances, ce n'est pas de l'hypocrisie, ce serait plutôt de la pudeur.