Avez – vous déjà vu, disait – elle à Pythagore qui était seul à subir son combat de mots, une race plus délabrée que la race noire ? La race mulâtre a de la chance, elle blanchit du gros orteil au bout du nez. Elle a des cheveux plus doux que poils de maïs. Avez – vous déjà vu quelqu'un qui nage dans le noir et qui porte la beauté ?

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Il navigue dans le noir des mers, où les noyés sont alignés. Les noyés portent le poids des boulets attachés à leurs cous.
Accumulée les énormes indemnités auxquelles ils avaient eu droit, ils récupéraient le terrain, faisant entrer dans le pays des cargaisons d'Hindous pour nous remplacer dans les champs.
Pythagore se réveillait parfois (mais il était sans doute le seul) quand le hasard de l'installation le rapprochait de Cinna Chimène et il restait longtemps à pressentir dans le noir la forme du corps de la petite fille, tout empli de ce renflement de l'ombre qui lui rappelait à chaque fois le premier moment de surprise sous le quénettier. Ainsi apprit – il avant l'heure ce qu'est la méditation nocturne et combien de visions peut susciter une forme devinée dans un lointain si touchable.
Nous nous évadions pourtant des Plantations quand nous courions les vidés du Carnaval : mais c'était pour le plaisir d'avaler l'espace ; car en ce si absolu moment où il nous était donné de déborder partout hors des limites réglées, nous nous refermions dans le tournis de la course et ne regardions pas plus autour de nous. Le Carnaval était pour nous retirer en nous – mêmes, dans la spirale de l'ivresse, et y fréquenter les masques – miroirs où un passé d'au – delà les eaux nous guettait.
Nous revivons dans un remuement indistinct ces douleurs et cocasseries qui nous accassèrent dans notre transbord. Nous le revivons.
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A force de dédain objectif, l'Anglais respecte les peuples qu'il a dominés. A force de «dépassement universel», le colonisateur français, chaque fois que les circonstances le lui auront permis, dégrade par assimilation le colonisé qu'il régente.
Elle traversait des bouffées d'absence, ses égarements.
Marie Celat, descendant ainsi avec Mathieu et papa Longoué ce chemin du désherbement, se sentait enlevée loin de la vie et des bords du jour, criait dans sa tête que tout n'avait aucun sens. Elle éprouvait ce trou au – delà duquel nul n'étendait sa pensée, où elle avait pourtant regardé.
Marie Celat baignait souvent dans ce champ sans limite, en sorte qu'il lui arrivait d'oublier ce que nous appelons le temps.
On conte qu'elle refusa de voir le corps de Donou, qu'elle balbutia quelque chose sur la surface des eaux, la surface des eaux profondes, et qu'elle tomba en léthargie.