Avec lui seul, l'homme neutre, je retrouve la douceur d'Asie, la tendresse, la joie entière. Désormais, tout se mêle en lui, le pays, la chaleur, et je ne sais plus lequel de lui ou du pays a nourri l'autre, pour moi, de son amour.

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Oui je suis une étrangère au Vietnam, une étrangère en France, une étrangère en ... mais Paris, je te connais, et tu ma connais bien aussi maintenant, nous nous sommes en peu fait mal, mais tu m'aimes, non ? moi je t'aime. C'est ici aussi, la vie.
Elles veulent mourir vivantes, elles veulent vivre mortes.
Tu as guéri. Tu as retrouvé un corps de vivant, un cœur de vivant, un visage de vivant. La mort est partie. La petite fille est revenue. Et tu as décidé, en ce retour, parce que tu pouvais enfin marcher et vivre, de te rendre toi-même sur les lieux de ton enfance - ceux que tu avais perdus, ce qui t'avait tué. Tu avais dix-sept ans alors, à peine, et tu as pris l'avion, seule, pour retourner à Hanoï.
Mais déjà quelque chose mourait en elle: la joie. Elle ne comprenait pas, à dix ans, comment ils avaient pu quitter ce paradis pour finir ici, dans le gris.
C'est drôle parce que ça a commencé comme ça, par moi fascinée qui découvre cet homme voilé ; et ça a continué, tout le temps, comme ça, avec moi fascinée qui soulève les voiles un à un sans trouver jamais, en dessous, aucun visage.
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C'était une petite fille ; elle a dû se tordre quelque chose à l'intérieur, qui ne se répare pas. Elle a l'air folle, oui, d'une folie cinglante, agressive, qui produit de la joie et le bruit mat d'une pierre cognée contre une autre.
C'est drôle parce que ça a commencé comme ça, par moi fascinée qui découvre cet homme voilé ; et ça a continué, tout le temps, comme ça, avec moi fascinée qui soulève les voiles un à un sans trouver jamais, en dessous, aucun visage.
C'était étrange, cette fascination qu'elle avait, comme si… je ne sais pas… comme si j'étais l'élu ou une connerie de ce genre.
C'était moi, il fallait me voir, ce soir-là, j'étais folle et merveilleuse d'être aimée, d'aimer...
Je dois y retourner, c'est insupportable de le savoir ici, lui qui marche et vit non loin. Non, il ne s'agit pas encore de l'éveil, du vrai, c'est mon attention seule qu'il éveille pour l'instant, et c'est en dessous, plus loin, que nous allons éclore et tomber et rouler. Je suis à l'orée de l'éveil.