Le pigeon est un peu le rat du ciel, un rat auquel on aurait greffé des ailes avant de le repeindre en gris.
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Avant que les Chinois qui se croient tout permis se permettent de donner des noms chinois à leurs villes, et jusqu'à leur capitale, n'importe quel pékin pouvait s'y retrouver sans ouvrir l'atlas. C'est donc à Guangzhou que débarque Yersin.
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En avançant dans la découverte de l'inconnu, le savant ressemble au voyageur qui atteint des sommets de plus en plus élevés, d'où sa vue aperçoit sans cesse des étendues nouvelles à explorer.
Yersin est un homme seul. Il sait que rien de grand jamais ne s'est fait dans la multitude. Il déteste le groupe, dans lequel l'intelligence est inversement proportionnelle au nombre des membres qui le composent. Le génie est toujours seul.
Les civilisations à leur apogée aiment contempler l'apogée des civilisations disparues et frissonner devant l'avenir.
Ca peut être un but dans la vie: consumer ses jours en d'austères études en attendant à son tour l'explosion d'un vaisseau dans le cerveau.
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Demander de l'argent pour soigner un malade, c'est un peu lui dire la bourse ou la vie.
Dans le monde des savants, il y a peut-être plus de jalousie, de mauvaise foi et de déceptions que partout ailleurs.
Sur le bureau, un livre de Leonardo Sciascia dans lequel une phrase est soulignée: «La science, comme la poésie, se trouve, on le sait, à un pas de la folie.»
Bientôt entre la peste et le choléra il n'y aura plus à choisir mais à guérir.
Ca peut être un but dans la vie: consumer ses jours en d'austères études en attendant à son tour l'explosion d'un vaisseau dans le cerveau.