Auteur

Voltaire

Je ne crois pas que Pollion soit fâché de mes contre-critiques ; mais je crois que vous voyez tous deux combien l'art des vers et l'art de juger sont difficiles. Plus on connaît l'art, plus on en sent les épines.
Car je suis homme, et je me fais honneur - D'avoir ma part aux humaines faiblesses.
Tout n'est pas pur, et l'accent de province - Ne se perd point, même à la cour du prince.
Non, non, l'autorité ne veut point de partage.
L'opinion gouverne le monde ; mais ce sont les sages qui à la longue dirigent cette opinion.
J'ai toujours remarqué que les grands chagrins étaient le fruit de notre cupidité effrénée.
On trouve assez de mains qui frappent sur la foule des malheureux, et rarement une secourable.
Comment se trouve-t-il tant d'hommes qui, pour si peu d'argent, se font les persécuteurs, les satellites, les bourreaux des autres hommes ?
L'histoire n'est que le tableau des crimes et des malheurs.
La vérité luit de sa propre lumière, et on n'éclaire pas les esprits avec les flammes des bûchers.
Une chose me frappe surtout dans cette ancienne histoire de la Chine, c'est que presque tout y est vraisemblable et naturel. Je l'admire en ce qu'il n'y a rien de merveilleux.
Là où le vulgaire rit, le philosophe admire ; et il rit où le vulgaire ouvre de grands yeux stupides d'étonnement.
Si le peuple a formé les langues, les grands hommes les perfectionnent par les bons livres ; et la première de toutes les langues est celle qui a le plus d'excellents ouvrages.
La vie est dans la pensée.
Je crois que M. le cardinal de Bernis finira par être archevêque ; mais d'Alembert doute qu'ayant fait les Quatre Saisons il fasse encore la pluie et le beau temps.
Le plus bel arbre a besoin de culture.
Enfin cette tolérance n'a jamais excité de guerre civile ; l'intolérance a couvert la terre de carnage.
L'abus de la religion la plus sainte a produit un grand crime. Il est donc de l'intérêt du genre humain d'examiner si la religion doit être charitable ou barbare.
Y a-t-il un plus grand exemple que la tolérance était regardée par les Romains comme la loi la plus sacrée du droit des gens ?
La religion est instituée pour nous rendre heureux dans cette vie et dans l'autre. Que faut-il pour être heureux dans la vie à venir ? être juste.
Le droit de l'intolérance est donc absurde et barbare : c'est le droit des tigres, et il est bien horrible, car les tigres ne déchirent que pour manger, et nous nous sommes exterminés pour des paragraphes.
L'Ecriture nous apprend donc que non seulement Dieu tolérait tous les autres peuples, mais qu'il en avait un soin paternel et nous osons être intolérants !
Ce petit globe, qui n'est qu'un point, roule dans l'espace, ainsi que tant d'autres globes ; nous sommes perdus dans cette immensité. L'homme, haut d'environ cinq pieds, est assurément peu de chose dans la création.
Que répondre à un homme qui vous dit qu'il aime mieux obéir à Dieu qu'aux hommes, et qui en conséquence est sûr de mériter le ciel en vous égorgeant ?
Le sublime en tout genre est le don le plus rare ; - C'est là le vrai phénix ; et, sagement avare, - La nature a prévu qu'en nos faibles esprits - Le beau, s'il est commun, doit perdre de son prix.

Œuvres de Voltaire

A propos du café.A un perruquier-auteur.Adieux à la vie (1778)Alzire, ou Les américains (1736)Alzire, ou Les américains (1736), I, 1, AlvarezAlzire, ou Les américains (1736), I, 1, GusmanAlzire, ou Les américains (1736), I, 4Alzire, ou Les américains (1736), II, 1, ZamoreAlzire, ou Les américains (1736), II, 6, ZamoreAlzire, ou Les américains (1736), III, 5Alzire, ou Les américains (1736), V, 2Alzire, ou Les américains (1736), V, 7, GusmanAmabedAnnales de l'empire depuis Charlemagne (1753), Ferdinand III, 47e empereurApocrypheAprès l'éxécution de l'amiral britanique John Byng en 1757.Artémire (1720), IV, 3, CassandreAu duc de Rohan.Au sujet de Mandrin.Brutus (1730)