Il est surpris qu'elle se manifeste. Exactement comme il le serait si les 2 petites chinoises qui ont cousu ses pompes venaient sonner chez lui pour réclamer de voir comment il marche avec ses chaussures.
Auteur
Virginie Despentes
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· biographie ↗
Je suis furieuse contre une société qui m'a éduquée sans jamais m'apprendre à blesser un homme s'il m'écarte les cuisses de force, alors que cette même société m'a inculqué l'idée que c'était un crime dont je ne devais jamais me remettre.
La richesse est un épais matelas qui amortit les chutes.
Ce qu'il y a de pratique quand les gens ont vraiment des vies de con, c'est qu'un rien suffit à les distraire.
Je veux plus de cette vie où jamais demain ne veut dire quelque chose.
C'est la métamorphose. Un matin on se lève et on comprend que dans le silence et la discrétion - on est devenu quelqu'un d'autre.
Une gueule d'ange. Une âme de salaud. Un classique.
Il s'acharne, et jamais ne s'affale sur une réussite.
Ce qui est difficile, ce n'est pas de mourir en héros, mais de résister sur le terrain avec des résultats concrets.
Chaque réveil était insupportable, juste après la première minute d'inconscience. Puis, c'était devenu rituel, elle se faisait la réflexion. Tiens, je vais bien ce matin et aussitôt ça lui revenait, pourquoi elle irait mal.
Il y a des hommes plutôt faits pour la cueillette, la décoration d'intérieur et les enfants au parc, et des femmes bâties pour aller trépaner le mammouth, faire du bruit et des embuscades.
Les gens bien nés se reconnaissent à l'odeur, et repèrent les intrus de la même façon.
La médiocrité avait une voix, les commentaires de la toile.
On ne sait jamais pour qui on travaille. Et on ignore toujours pour qui on meurt. Ça ne la gêne pas. Soeur Elisabeth fait ce qu'elle a toujours fait, ce que les humains qu'elle admire ont toujours fait : elle obéit aux ordres.
Achète-toi tout ce que tu veux, ça ne remplira jamais le vide qui te dévore le coeur.
Vernon sait faire la différence: excité, c'est le bas-ventre qui palpite, amoureux, ce sont les genoux qui faiblissent.
On peut tout se permettre avec les gros. Leur faire la morale à la cantine, les insulter s'ils grignotent dans la rue, leur donner des surnoms atroces, se foutre d'eux s'ils font du vélo, les tenir à l'écart, leur donner des conseils de régime, leur dire de se taire s'ils prennent la parole, éclater de rire s'ils avouent qu'ils aimeraient plaire à quelqu'un, les regarder en faisant la grimace quand ils arrivent quelque part. On peut les bousculer, leur pincer le bide ou leur mettre des coups de pied : personne n'interviendra. C'est peut-être à cette époque qu'elle a appris à renoncer à son genre : mâles ou femelles, les gros sont soumis à une exclusion similaire. On a le droit de les mépriser. Et s'ils se plaignent des traitements qu'on leur inflige, au fond tout le monde pense la même chose : mange moins, gros sac, tu pourras t'intégrer.
Passé un certain âge, on ne se sépare plus des morts, on reste dans leur temps, en leur compagnie.
L'âme est un navire imposant, qu'il faut manoeuvrer avec prudence.
Cannes, se disait Xavier, c'est la fête de la saucisse avec des putes en Louboutin. Tous à dégueuler leur caviar, le nez plein de coke, après avoir récompensé du cinéma roumain.
Les intellos de gauche adorent les Roms, parce qu'on les voit beaucoup souffrir sans jamais les entendre parler. Des victimes adorables. Mais le jour où l'un d'eux prendra la parole, les intellos de gauche se chercheront d'autres victimes silencieuses.
Mais le succès, c'est comme la beauté, ça ne se discute pas : ça marche.
Le diable est bon danseur, sinon personne ne le suivrait sur la piste.
Changer, c'est toujours perdre un bloc de soi.
Il n'y a qu'une seule façon de rester fidèle, c'est de garder une distance physique.