En réalité, je pense que, si la peur de faillir peut peut-être justifier mon inertie foncière et l'échec général de ma vie, ceux qui s'abstiennent éternellement n'ont pas plus de présence dans le réel que les morts.
Le temps qui nous manque c'est toujours celui qu'on aurait voulu consacrer à ceux qu'on aime.
Pour survivre, certains apprennent les mathématiques et font comme les égoïstes: ils comptent ce qu'ils donnent pour ne pas trop donner et s'en garder suffisamment.
Ceux qui quittent la vie ne meurent pas vraiment tant qu'il y a des gens pour se souvenir d'eux.
La mort. C'est la seule solution que Dieu a imaginée pour écarter les prétendants à son sceptre.
L'idée qu'il n'y a peut-être rien après la mort est la seule qui pour moi ressemble à un espoir.
On meurt comme on s'exile, rêvant de paix et de richesses, mais le coeur gros de son pays natal.
Œuvres de Sylvain Trudel