Dépouillons-nous de la passion de vivre, et sachons qu'il n'importe à quel moment on souffre ce qu'il faut souffrir tôt ou tard. L'essentiel est une bonne et non une longue vie ; et parfois bien vivre consiste à ne pas vivre longtemps.
Le seul bonheur qui dure et se prolonge jusqu'à notre fin, c'est un bonheur fade.
Si nous avons la force de dépouiller nos erreurs, si nous parvenons à nous élever, de l'espèce de fange où nous sommes plongés, aux sublimes hauteurs de la sagesse, une parfaite tranquillité d'âme nous attend, et avec elle une liberté absolue.
Cette liberté consiste a ne craindre ni les hommes ni les dieux ; à fuir toute action honteuse, et tout excès ; à jouir d'un pouvoir illimité sur soi-même. C'est un avantage inappréciable d'être maître de soi.
Non seulement la pratique d'une amitié ancienne et sûre apporte un grand plaisir, mais aussi le début et la préparation d'une nouvelle.
C'est l'intention qui relève le prix des plus petites choses, qui ennoblit les plus viles, qui avilit les plus précieuses et les plus estimées.
C'est la marque d'une âme grande et belle, de ne chercher d'autre fruit du bienfait que le bienfait lui-même.
Hécaton déclare : «Je te révélerai un secret pour te faire aimer sans philtres, sans herbes, sans incantation de magicienne : aime et l'on t'aimera.»
Toute chose est à autrui, le temps seul est à nous ; c'est l'unique bien, fugace et glissant, dont la nature nous a confié la possession.
Pendant qu'on la diffère, la vie passe en courant.
On n'est nulle part quand on est partout.
La vie se divise en trois temps : le présent, le passé et l'avenir. Le présent est court, l'avenir incertain ; le passé seul est assuré : car sur lui la fortune a perdu ses droits ; et il n'est au pouvoir de personne d'en disposer de nouveau.
Une âme paisible et calme est toujours à même de revenir sur toutes les époques de sa vie ; mais l'esprit des hommes affairés est sous le joug : ils ne peuvent se détourner ni reporter leurs regards en arrière.
A quoi perd-on la plus grande partie de sa vie ? à différer.
Il a été, dis-je, voulu que seules nos possessions sans valeur soient à la merci d'autrui.
Vivre c'est être utile aux autres. Vivre c'est être utile à soi.
Il faut combiner les deux choses : l'homme oisif doit aussi agir, et l'homme d'action se reposer. Consulte la Nature, elle te dira qu'elle a créé le jour et la nuit.
Le sage recherche avec ardeur les richesses naturelles.
Ne te permets rien, tant que tu seras irrité : pourquoi ? Parce que tu voudrais tout te permettre. Combats-toi, toi-même. Si tu ne peux vaincre la colère, elle commence à te vaincre.
Ne pas empêcher un crime quand on le peut, c'est l'ordonner soi-même.
La véritable joie est une chose sérieuse.
N'envions pas les gens trop haut placés ; nous ne voyons que la hauteur là où il y a des précipices.
Est-ce que je mérite ou non ce qui m'arrive ? Si je le mérite, ce n'est pas une insulte mais un jugement ; si je ne le mérite pas, c'est à l'auteur de l'injustice d'en rougir.
Ce n'est point parce qu'il est difficile que nous n'osons pas c'est parce que nous n'osons pas, qu'il est difficile.
Il n'y a qu'un seul bien à la base d'une vie heureuse : la confiance en soi-même.
Œuvres de Sénèque
AgamemnonConsolation à Helvia, 10Consolation à Marcia (Ad Marciam consolatio) (41)Consolation à Polybe, 6ConsolationsDe beneficiis, VII, 9De la brièveté de la vie (De Brevitate vitae) (entre 49 et 55)De la brièveté de la vie (De Brevitate vitae) (entre 49 et 55), IIDe la brièveté de la vie (De Brevitate vitae) (entre 49 et 55), VIIIDe la brièveté de la vie (De Brevitate vitae) (entre 49 et 55), XDe la brièveté de la vie (De Brevitate vitae) (entre 49 et 55), XVIIDe la brièveté de la vie, 1De la clémence, I, 13De la clémence, I, 19De la clémence, I, 5De la clémence, II, 1De la colèreDe la colère, I, 10De la colère, I, 18De la colère, I, 19