Auteur

Søren Kierkegaard

Dieu sait si elles trouvent, les jeunes filles qui cherchent une place de bonne à tout faire ou, à défaut, de bonne à faire n'importe quoi.
On dit: le temps passe, la vie est un torrent, etc. Je ne m'en aperçois pas, le temps reste immobile, et moi aussi. Tous les plans d'avenir que j'ébauche reviennent tout droit sur moi; quand je veux cracher, je me crache au visage.
L'angoisse est le vertige de la liberté.
Ce qui manque le plus quand on s'égare, c'est toujours ce dont on se doute le moins - évidemment, car y penser, ce serait se retrouver.
La porte du bonheur ne s'ouvre pas vers l'intérieur, et il ne sert donc à rien de s'élancer contre elle pour la forcer. Elle s'ouvre vers l'extérieur. Il n'y a rien à faire.
Et quand le danger grandit tant que la mort devient l'espoir, le désespoir c'est la désespérance de ne pouvoir même mourir.
La mémoire est spontanée, elle nous vient en aide spontanément, seul le souvenir est réfléchi. Pour cette raison, cet un art de se souvenir.
Quelle force de rajeunissement possède une jeune fille ; ni l'air frais du matin, ni le murmure du vent, ni la douce brise marine, ni le bouquet du vin, ni ses suaves délices, rien au monde n'a cette vertu de jouvence.
Les dires des philosophes sur la réalité sont souvent aussi décevants que la lecture chez le brocanteur d'une enseigne disant «Ici, on repasse.» On apporte son linge et l'on est dupé : l'enseigne est à vendre.
Les hommes sont vraiment absurdes. Ils n'usent jamais des libertés dont ils jouissent, mais ils réclament celles qu'ils n'ont pas.
Les hommes sont cependant déraisonnables. Ils n'utilisent jamais les libertés qu'ils ont, mais veulent celles qu'ils n'ont pas ; ils ont la liberté de pensée, ils exigent la liberté de parole.
Chacun est alors toujours seul à posséder un souvenir, tout souvenir est un secret. Et c'est un secret qui n'est pas immédiat, mais toujours réfléchi.
Il est magnifique d'être vêtu comme le lis ; il est encore plus glorieux d'être le souverain debout ; mais la gloire suprême est de n'être rien, en adorant.
L'innocence n'est pas une perfection dont on doive souhaiter le retour ; car la souhaiter, c'est déjà l'avoir perdue et c'est alors un péché nouveau que de perdre son temps en souhaits.
De même que la chair de la tortue a le goût de diverses chairs, de même le mariage a un goût bariolé, et tout comme la tortue est un animal lent, le mariage l'est aussi. L'amour est pourtant une chose simple, mais le mariage !
La foi est la plus haute passion de tout homme. Il y a peut-être beaucoup d'hommes de chaque génération qui n'arrivent pas jusqu'à elle, mais aucun ne va au-delà d'elle.
Dans la mesure où la vérité peut s'apprendre, il faut bien présupposer qu'elle n'est pas ; en tant donc qu'elle doit être apprise, on la cherche.
L'avenir n'est pas encore arrivé ; mais il n'en est pas pour cela moins nécessaire que le passé, puisque le passé n'est pas devenu plus nécessaire du fait qu'il est arrivé, mais, au contraire, a montré par là qu'il n'était pas nécessaire.
La femme est substance, l'homme est réflexion.
L'amour est tout : aussi, pour qui aime, toute chose perd sa signification propre et n'en prend que par l'interprétation qu'en donne l'amour.

Œuvres de Søren Kierkegaard

Crainte et tremblement (1843)Etapes sur le chemin de la vie (1845)In vino veritasIn vino veritas (2011)JournalJournal (1834-1849)Journal 1834-1846Journal, 1834-1846Journal, 1837Journaux et cahiers de notesL'Apprentissage du christianismeL'Ecole du christianisme (1850)L'instant (1855)La répétition, un essai de psychologie expérimentale ou La reprise (1843)Le Concept de l'angoisse (1844)Le Concept de l'angoisse (1844), I, 3Le Concept de l'angoisse, II, 2Le Journal du séducteur (1843)Le lis des champs et l'oiseau du ciel (1849)Miettes philosophiques