Auteur

Romain Rolland

Certes, il ne manque pas, dans les fastes chrétiens, de saints au coeur plus ferme qui n'hésitèrent jamais à fouler intrépidement aux pieds leurs affections et celles des autres.
Au siècle précédent, ils avaient été frottés de jansénisme frondeur.
Se plaindre et geindre sans rien vouloir améliorer, jalouser le sort du voisin sans rien vouloir changer au sien, vous aide à supporter la vie.
Si la musique nous est si chère, c'est qu'elle est la parole la plus profonde de l'âme, le cri harmonieux de sa joie et de sa douleur.
Un amour-propre hérissé. Un rien le froissait et il avait peur d'être froissé, et surtout de le montrer; car c'est une faiblesse et il faut se garder de donner prise à l'ennemi.
Christophe regardait, avec une curiosité affectueuse, cette figure impressionnable, qui rosissait et pâlissait, d'un instant à l'autre. Les sentiments y passaient comme des nuages sur l'eau.
Les gens prudents agissent d'après les lois de la saine raison. Je ne suis pas ainsi; je suis un homme qui agit d'après ses impulsions.
Il lui manquait la sérénité que donne au vrai artiste l'expérience d'une longue incompréhension des hommes et de leur bêtise incurable.
L'art est inépuisable, comme la vie. Rien ne le fait mieux sentir que cette musique intarissable, cet océan de musique qui remplit les siècles.
Habitué par une hérédité séculaire au respect religieux de toute autorité, il éprouvait une jouissance mêlée de peur à s'associer à un camarade aussi irrévérencieux de nature pour toute règle établie.
Le théâtre doit être une lumière pour l'intelligence.
L'ennemi mortel de l'âme, c'est l'usure des jours.
L'art doit supprimer la violence, et seul il peut le faire. Sa mission est de faire régner le royaume de Dieu, c'est-à-dire de l'Amour.
Sylvie connaissait la vie. Et c'est le Livre des Livres. Ne le lit pas qui veut. Chacun le porte en soi, écrit de la première à la dernière ligne.
Jamais on ne sentait dans leur art une force de la nature. Ils mondanisaient tout: l'amour, la souffrance, la mort.
Son instinct d'obéissance trouvait à se satisfaire dans une amitié où il n'avait qu'à acquiescer aux volontés de l'autre.
Derrière son front bombé, sans un pli, on sentait une obstination de paysan, dure comme un caillou.
Il ajoutait que, puisque Christophe était musicien, rien ne faisait plus de bien pour la voix qu'un oeuf avalé cru, matin et soir: et il se faisait fort de lui en fournir de tout chauds sortis du cul de la poule.
Ce sont des âmes qui manquent de centre; elles oscillent perpétuellement, plutôt qu'elles n'évoluent; elles vont d'un pôle à l'autre, sans jamais avancer.
M'aimes-tu parce que tu m'aimes, ou parce que je t'aime?
Qui veut vivre doit s'adapter aux conditions nouvelles de la vie.
Le doute était plus affolant encore que la certitude.
Les victoires trop complètes brûlent l'âme des vainqueurs; leur première ivresse tombée, elles brisent le ressort de la volonté, elles lui enlèvent sa raison d'agir.
Le bonheur est le parfum de l'âme, l'harmonie du coeur qui chante. Et la plus belle des musiques de l'âme c'est la bonté.
Le fruit pourri ne pourrit pas l'arbre. Il tombe.

Œuvres de Romain Rolland

Au-dessus de la mêlée (1915)Clérambault (1920)Clérambault (1920), IntroductionColas Breugnon (1919)Correspondance, Lettre à Cosette Padoux, 1908Deux hommes se rencontrent (1910-1918)Jean-Christophe (1904-1912)Jean-Christophe (1904-1912), AntoinetteJean-Christophe (1904-1912), Dans la maisonJean-Christophe (1904-1912), La Foire sur la placeJean-Christophe (1904-1912), La RévolteJean-Christophe (1904-1912), Le Buisson ardentJean-Christophe (1904-1912), l'AdolescentJean-Christophe (1904-1912), la nouvelle journéeJean-Christophe (1904-1912), le MatinJournal des années de guerre 1914-1919L'Ame enchantéeL'Ame enchantée (1922-1924)L'Ame enchantée, L'Eté (1924)L'Aube (1904)