Tout progrès est en même temps une régression. Il n'y a jamais de progrès que dans un sens déterminé. Et comme notre vie, dans son ensemble, n'a aucun sens, elle ne connaît pas davantage, dans son ensemble, de vrai progrès.
Il n'y a plus d'avenir dans l'instable que dans le stable, et le présent n'est rien qu'une hypothèse que l'on n'a pas encore pu dépasser.
Aucune chose, aucun moi, aucune forme, aucun motif n'est assuré; tout est emporté dans une métamorphose invisible, mais jamais en repos.
Tout ce qu'il y a de décisif dans la vie se produit au delà de l'intelligence rationnelle.
Dans un monde mal organisé, je n'ai nul besoin d'agir selon ce qui me parait juste; mais je vous avouerai franchement que je ne sais ce qu'il me faudrait faire.
Il est simple d'avoir la force d'agir, et si malaisé de trouver un sens à l'action !
L'argent change tout en concepts, l'argent est désagréablement rationnel. Quand je vois de l'argent, je pense immanquablement à des doigts méfiants, à beaucoup de criailleries et de raisonnements.
C'est aussi comme si on avait deux destins : l'un actif et secondaire, qui s'accomplit, l'autre inactif mais essentiel, que l'on ne connaît jamais.
Une vraie communauté est le produit d'une loi intérieure, et la plus profonde, la plus simple, la plus parfaite et la première des lois est celle de l'amour.
Œuvres de Robert Musil