Sartre est à la beauté ce que McDonald's et Charles X sont à la restauration.
Oeuvrons pour un monde meilleur où les livres seront réduits à leur seul intérêt : écraser des moustiques et caler les tables.
Proust n'a pas son pareil pour se moquer de ceux qui passent de Montmorency à la villa Montmorency.
La nourriture n'avait pour lui qu'un aspect utilitariste, celui de prolonger une vie qu'il n'aimait pas et qui le lui rendait bien.
Dans certains milieux on ne dit pas lire Proust mais relire Proust , comme si l'on naissait avec La Recherche dans un coin de la tête. C'est à vous faire regretter la lobotomie.
Le lecteur, parce qu'il a lu un livre d'un homme intelligent, se croit intelligent lui-même. Quelle absurdité ! Diantre, ce n'est pas parce que l'on regarde James Bond qu'on est agent secret.
Il ne serait même guère surprenant que les comités de vertu friands de débaptisation de noms de rues réclament dans un proche avenir que le plus prestigieux prix littéraire du pays cesse d'honorer la mémoire de deux êtres incarnant tout ce que le monde exècre.
Les frères Goncourt, c'est un peu comme Coca-Cola. Tout le monde connaît leurs noms par le prix Goncourt, qui est le prix le plus prestigieux en France et un des plus prestigieux dans le monde, en revanche on connaît très mal ceux qui se cachent derrière. Il y a effectivement deux hommes, Edmond de Goncourt qui est né en 1822 sous Louis XVIII et Jules de Goncourt né en 1830 sous Louis-Philippe.
Curieux paradoxe que celui de ces frères, [ Les frères Goncourt ] dont le nom est connu de tous et l'oeuvre de personne.
Comme si cela ne suffisait pas, l'on ne retient que 10% de ce que l'on lit, contre 30% de ce que l'on voit, 50% de ce que l'on voit et entend et 90% de ce que l'on fait.
Entre un athlète et un rat de bibliothèque myope comme une taupe asthmatique et blême comme un cafard décoloré, les femmes ont tôt fait de choisir.
Aujourd'hui, l'eau mouille, les facteurs sont timbrés, les cheminots déraillent, les routiers se font rouler, les électriciens ne sont pas des lumières, les pâtissiers sont au bout du rouleau, les femmes de ménage sont dérangées, les avocats sont véreux, les plombiers sont bouchés et les bouchers trop crus, les cuisiniers sont louches, les serveuses sont menues, les photographes ont des pellicules, les brasseurs sont sous pression, les serruriers se portent mal, les chauffeurs de taxi ne savent pas se conduire.
Entre pédantisme et snobisme, la frontière est plus fine que le papier de la Pléiade
Œuvres de Pierre Ménard