Auteur

Paul Morand

... cette dilatation gratuite de l'être qu'est la joie.
... sous la pression d'une existence harcelante, notre pensée se meut si vite que les moyens d'expression ne l'ont pas encore rattrapée.
La peur a détruit plus de choses en ce monde que la joie n'en a créées.
La moitié des gens ont peur de ne pas gagner leur bifteck, l'autre moitié de se le voir prendre: tous d'avoir à manger seuls.
A voir ce que l'école exige aujourd'hui de nos fils, je me demande combien de pères seraient capables d'êtres des enfants.
... voyager, c'est demander d'un coup à la distance ce que le temps ne pourrait nous donner que peu à peu.
Savoir voyager, c'est avoir la science des accords.
Voyager, c'est être infidèle. Soyez-le sans remords; oubliez vos amis avec des inconnus.
... par une désertion volontaire, entraînons-nous à ce jour où il nous faudra tout quitter.
... un bon voyageur ne doit pas se produire, s'affirmer, s'expliquer, mais se taire, écouter et comprendre.
Puisse le voyage nous avoir rappelé notre bonheur!
Jouons avant tout la règle du jeu, et le jeu du campement, c'est de montrer à la civilisation que l'on peut se passer d'elle.
Le sage d'efforce de ne pas voir les premiers plans immédiats, qui s'enfuient, mais de fixer les yeux sur les lointains, qui sont immobiles. - Le vrai repos vient de nous.
Si j'étais seul au monde, je me porterais à merveille; mais il y a les autres.
- Parlez-vous avec Dieu? - - J'estime qu'après m'avoir joué le tour de me mettre au monde c'est à Lui à me faire signe le premier.
... la vitesse est la forme moderne de la pesanteur ...
- L'homme est une aiguille aimantée qui ne connaît pas le repos, dit Pierre. - - Excepté au pôle... - - Ouais! Dans les glaces du pôle, dans la mort...
L'éloignement, la jalousie, les querelles, le ressentiment n'empêchent pas l'amour, affection reptilienne qui se mord la queue et se nourrit volontiers de son contraire.
Le patient use toujours l'impatient.
Quand on regarde les gens en face on les voit, mais quand on les regarde dans la glace on les comprend.
Qu'est-ce que la vitesse sinon une course gagnée dont la solitude est le prix. On sème ses semblables...
Aucune femme ne vaut qu'on l'attende.
Les rêves sont des appartements sans portes où l'on entre à travers les murs.
Que les autres ne se contentent pas de l'image que nous leur présentons nous étonne toujours.
(Les femmes) obéissent à une horloge invisible; la preuve, c'est qu'elles sont en retard avec régularité.

Œuvres de Paul Morand

1900 (1931)Bouddha vivant (1927)CarnetsChronique du XXe siècle, II. Bouddha vivant (1927)Chronique du XXe siècle, IV. Champion du monde (1930)Eloge du reposExcursions immobiles (1944)Fermé la nuit (1923)Isabeau de BavièreJournal d'un attaché d'ambassadeJournal inutile 1968-1972, 10 mai 1971Journal inutile 1968-1972, 10 novembre 1969Journal inutile 1968-1972, 14 septembre 1971Journal inutile 1968-1972, 15 novembre 1971Journal inutile 1968-1972, 16 décembre 1969Journal inutile 1968-1972, 17 mars 1969Journal inutile 1968-1972, 17 novembre 1972Journal inutile 1968-1972, 17 septembre 1971Journal inutile 1968-1972, 18 juillet 1968Journal inutile 1968-1972, 19 août 1972