Auteur

Maurice Maeterlinck

Elle est très délicate et il faut qu'on la ménage, d'autant plus qu'elle sera bientôt mère et la moindre émotion pourrait amener un malheur.
Il est le sage des jours ordinaires, et les jours ordinaires sont en somme la substance de notre être.
L'amour ne brise dans un coeur que les objets fragiles, et s'il y brise tout, c'est que tout y était trop fragile.
S'il est vrai qu'une sorte de prédestination domine toutes les circonstances d'une vie, cette prédestination ne saurait se trouver que dans notre caractère.
Il y a un tragique quotidien qui est bien plus réel, bien plus profond et bien plus conforme à notre être véritable que le tragique des grandes aventures.
Il y a une grande différence entre dire: «Ceci est raisonnable» et dire «Ceci est sage». Ce qui est raisonnable n'est pas nécessairement sage, et ce qui est très sage n'est presque jamais raisonnable aux yeux de la raison trop froide.
Les âmes se pèsent dans le silence ... et les paroles que nous prononçons n'ont de sens que grâce au silence où elles baignent!
Les vieillards ont besoin de toucher, quelquefois de leurs lèvres, le front d'une femme ou la joue d'un enfant, pour croire encore à la fraîcheur de la vie et éloigner un moment les menaces de la mort.
Mon âme en est triste à la fin; - Elle est triste enfin d'être lasse, - Elle est lasse enfin d'être en vain. - Elle est triste et lasse à la fin - Et j'attends vos mains sur ma face.
Une chose belle ne meurt pas sans avoir purifié quelque chose.
Il n'y a pas de beauté qui se perde.
On est heureux quand on a dépassé l'inquiétude du bonheur.
Nous comprendrons toujours assez difficilement qu'il soit nécessaire de mourir pour devenir immortel.
Trop d'êtres s'imaginent que le bonheur est autre chose que ce qu'ils ont, et c'est pourquoi ceux qui ont le bonheur doivent nous montrer qu'ils ne possèdent rien que ne possèdent tous les hommes dans leur coeur.
Seigneur, ayez pitié du Verbe! - Laissez mes mornes oraisons - Et la lune éparse dans l'herbe - Faucher la nuit aux horizons!
Les chiens jaunes de mes péchés, - Les hyènes louches de mes haines, - Et sur l'ennui pâle des plaines, - Les lions de l'amour couchés.
Et s'il revenait un jour, - Que faut-il lui dire? - - Dites-lui qu'on l'attendit - Jusqu'à s'en mourir... - ... - Et s'il m'interroge alors - Sur la dernière heure? - - Dites-lui que j'ai souri - De peur qu'il ne pleure.
Quand l'amant sortit - (J'entendis la porte), - Quand l'amant sortit, - Elle avait souri... - ... - Et j'ai vu la mort - (J'entendis son âme), - Et j'ai vu la mort - Qui l'attend encore...
Vous avez allumé les lampes, - - Oh! le soleil dans le jardin! - Vous avez allumé les lampes, - Je vois le soleil par les fentes, - Ouvrez les portes du jardin!
Il n'est péché qui vive - Quand l'amour a parlé, - Il n'est âme qui meure - Quand l'amour a pleuré.
Ceux qui savent ne savent rien s'ils ne possèdent pas la force de l'amour, car le véritable sage n'est pas celui qui voit, mais celui qui, voyant le plus loin, aime le plus profondément les hommes.
Le passé est toujours présent.
Le silence est le seul temple que l'on puisse élever au mystérieux parmi les mystérieux.
Plus l'amour est profond, plus l'amour devient sage ; et plus la sagesse s'élève, plus elle s'approche de l'amour. Aimez et vous deviendrez sage ; devenez sage et vous devrez aimer.
On n'aime véritablement qu'en devenant meilleur ; et devenir meilleur, c'est devenir plus sage.

Œuvres de Maurice Maeterlinck

Aglavaine et SélysetteAglavaine et Sélysette (1896)Devant DieuIntérieur (1894)L'Autre mondeLa Grande Loi (1933), L'étherLa Sagesse et la destinéeLa Sagesse et la destinée (1898)La Sagesse et la destinée (1898), XIIILa Sagesse et la destinée (1898), XIXLa Sagesse et la destinée (1898), XXIXLa Vie de l'espace (1928), DieuLa Vie des abeilles (1901)La Vie des termites (1926)Le Double JardinLe Temple enseveli, Le passéLe Trésor des humblesLe Trésor des humbles (1896)Le Trésor des humbles (1896), Le silencePelléas et Mélisande