L'art véritable n'a que faire de proclamations et s'accomplit dans le silence.
Par l'art seulement, nous pouvons sortir de nous, savoir ce que voit un autre de cet univers qui n'est pas le même que le nôtre et dont les paysages nous seraient restés aussi inconnus que ceux qu'il peut y avoir dans la lune.
Le moi de l'écrivain ne se montre que dans ses livres.
... le but de la vie de l'écrivain est dans son oeuvre... .
La vraie beauté est si particulière, si nouvelle, qu'on ne la reconnaît pas pour la beauté.
L'artiste qui renonce à une heure de travail pour une heure de causerie avec un ami sait qu'il sacrifie une réalité pour quelque chose qui n'existe pas.
L'art est ce qu'il y a de plus réel, la plus austère école de la vie, et le vrai Jugement Dernier.
... la vérité suprême de la vie est dans l'art.
Tout le prix est dans les regards du peintre.
La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent réellement vécue, c'est la littérature.
En réalité, chaque lecteur est, quand il lit, le propre lecteur de soi-même.
La vie pouvait-elle me consoler de l'art? Y avait-il dans l'art une réalité plus profonde où notre personnalité véritable trouve une expression que ne lui donnent pas les actions de la vie?
Le désoeuvrement et la stérilité sont à une activité sociale véritable ce qu'est en art la critique à la création.
L'art c'est l'apothéose de la solitude.
Dans la «Vue de Delft» de Vermeer ... un petit pan de mur jaune (qu'il ne se rappelait pas) était si bien peint qu'il était, si on le regardait seul, comme une précieuse oeuvre d'art chinoise, d'une beauté qui se suffisait à elle-même.
Tu triomphes, Van Dyck, prince des gestes calmes, - Dans tous les êtres beaux qui vont bientôt mourir. - Dans toute belle main qui sait encore s'ouvrir, - Sans t'en douter - qu'importe? - elle te tend les palmes!
C'est avec des adolescents qui durent un assez grand nombre d'années que la vie fait ses vieillards.
Les femmes sont les instruments interchangeables d'un plaisir toujours identique.
Ce ne sont pas les êtres qui existent réellement, mais les idées.
Tout en buvant un des Yquem que recelaient les caves des Guermantes, je savourais des ortolans accomodés selon les différentes recettes que le duc élaborait et modifia prudemment.
Pour une femme tout événement, même un deuil, se termine par un essayage.
Les vivants ne sont que des morts qui ne sont pas encore entrés en fonction.
Nulle part il ne germe autant de fleurs, s'appelassent-elles «Ne m'oubliez pas», que dans un cimetière.
Passé un certains âge, la mort de nos proches est la seule manière dont nous prenons agréablement conscience de notre existence.
Quant au bonheur, il n'a presque qu'une seule utilité, rendre le malheur possible.
Œuvres de Marcel Proust
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