Auteur

Louis Gabriel Ambroise, vicomte de Bonald

L'homme n'existe que pour la société, qui ne le forme que pour elle : il doit donc employer au service de celle-ci tout ce qu'il a reçu de la nature et tout ce qu'il a reçu de la société, tout ce qu'il est et tout ce qu'il a.
Dire à quelqu'un qui aime qu'il ne devrait pas aimer, c'est dire à une pierre qui tombe qu'elle ne devrait pas tomber.
Des époux philosophes ne voient dans leurs infidélités réciproques qu'un secret à se taire mutuellement, ou peut-être une confidence à se faire: tolérer le divorce, c'est commander la prostitution et légaliser l'adultère.
Lorsque les hommes ne voient dans le mariage qu'une jouissance, et se font de la licence un jeu, le divorce doit être la peine de l'adultère; le changement, le remède de l'inconstance; les plaisirs, le frein de la volupté.
L'ignorance ne sait rien, ne voit rien, ne connaît rien, ni le bien, ni le mal, ni but, ni obstacle, ni moyen. La malice ne sait que le mal, et ne soupçonne pas même le bien.
Les grandes pensées viennent du coeur a dit Vauvenargues. Cette maxime est incomplète, et il aurait dû ajouter : «Les grandes et légitimes affections viennent de la raison».
Premiers sentiments, secondes pensées, c'est, dans les deux genres, ce qu'il y a de meilleur.

Œuvres de Louis Gabriel Ambroise, vicomte de Bonald

Du divorce considéré au XIXe siècle (1801)Mélanges littéraires, politiques et philosophiques (1819)Pensées sur divers sujets (1817)Théorie du pouvoir politique et religieux (1796)