Les prophètes sont les plus ardents des croyants: ils croient en eux.
Savoir est un diminutif d'ignorer.
Les plus belles choses ne résistent pas à leur vulgarisation.
Le beau doit être entouré de quelque mystère pour exercer tout son empire.
L'homme agit comme s'il ne devait jamais mourir, et sans cela il n'agirait guère.
Modérer ses appétits, surtout ses appétits spirituels, - Est la première condition d'une bonne hygiène.
La prospérité des sots est plus une injure pour notre bon sens que celle des méchants pour notre conscience.
La vie est une attente perpétuelle de ce qui peut être, un renoncement perpétuel à ce qui n'est pas, une angoisse perpétuelle de ce qui doit être.
Le coeur a ses prodigues et ses avares; il a aussi ses économistes qui le discutent comme un budget.
Le rire est un accès de méchanceté d'un caractère particulier.
Le sourire peut parfois être le signe d'une joie bienveillante, le rire jamais.
L'inquiétude du penseur est plus noble que la certitude du simple: mais elle est bien moins réconfortante.
Rien n'est moins digne de sympathie qu'une sensibilité qui n'est pas doublée de charité.
Le coeur est un levier puissant que doit mettre en oeuvre la raison.
Un sourire du coeur se répercute toujours sur les lèvres: rarement un sourire des lèvres se répercute dans le coeur.
Ceux qui vivent seuls sont des délicats de l'âme, mais des grossiers du coeur.
Les plus sensibles désillusions sont celles de l'amour-propre; les plus cruelles, celles de la conscience.
La conscience est un juge qui accorde toujours des circonstances atténuantes. L'opinion en est un autre qui n'en accorde jamais.
Sans la chaleur de l'amour, sans la lumière de l'amour, l'âme se glace, l'âme s'enténèbre, le soleil s'éteint.
L'amour est une joie lumineuse et céleste, qui doit remplir l'âme, et par l'âme le corps, et vivifier l'être tout entier.
L'incertitude du coeur est l'aléa de l'amour: c'est sans doute ce qui fait qu'on se passionne de ce jeu-là.
Le doute n'est point un état pénible; c'est le chemin qui y mène qui est douloureux.
Œuvres de Louis Dumur
Le Sceptre de la Russie (1929)Petits aphorismes de l'argent (1892)Petits aphorismes de l'argent(1892)Petits aphorismes sur l'ambition (1892)Petits aphorismes sur l'amour (1892)Petits aphorismes sur l'amour-propre (1892)Petits aphorismes sur l'envie (1892)Petits aphorismes sur l'esprit (1892)Petits aphorismes sur l'honneur (1892)Petits aphorismes sur l'hypocrisie (1892)Petits aphorismes sur l'intérêt (1892)Petits aphorismes sur l'opinion (1892)Petits aphorismes sur la charité (1892)Petits aphorismes sur la conscience (1892)Petits aphorismes sur la justice (1892)Petits aphorismes sur la liberté (1892)Petits aphorismes sur la mort (1893)Petits aphorismes sur la politique (1892)Petits aphorismes sur la religion (1892)Petits aphorismes sur la sensibilité (1892)