Œuvre

Petits aphorismes sur la sensibilité (1892)

Le coeur est un volcan, dangereux quand il est en activité, laid quand il est éteint.
Il ne suffit pas que le coeur soit d'or: il faut encore qu'il soit délicatement ouvré.
Les contradictions du coeur n'en sont pas.
Notre coeur nous emporte au large; notre raison nous retient sur le rivage. De là tant de naufrages pour le coeur et tant de dépendances pour la raison.
Il y a souvent, chez les personnes d'extérieur froid, une émotion intérieure d'autant plus violente qu'elle est comprimée.
Pour réussir, il faut parler avec le coeur et agir sans lui.
L'indépendance du coeur est le triomphe de l'égoïsme.
Les souffrances du coeur ne doivent faire crier qu'élégamment.
Le coeur a ses prodigues et ses avares; il a aussi ses économistes qui le discutent comme un budget.
Rien n'est moins digne de sympathie qu'une sensibilité qui n'est pas doublée de charité.
Le coeur est un levier puissant que doit mettre en oeuvre la raison.