Œuvre
Petits aphorismes sur la vie (1892)
La naissance précipite dans la vie des êtres qui n'ont pas demandé d'y entrer, mais qui demandent encore moins d'en sortir.
On n'accepte ni on ne refuse la vie; la vie n'est ni un mal, ni un bien: c'est une nécessité heureuse ou malheureuse.
La vie est un miroir qui reflète le visage dont on la regarde.
Dans la lutte pour la vie, il y a certes plus l'amour de la lutte que l'amour de la vie.
Il faut tout attendre de la vie et n'en espérer rien.
L'espérance est la morphine de la vie.
Il est préférable de vivre la vie que de vouloir la comprendre. On réussit quelquefois à la vivre, mais jamais à la comprendre.
Chacun touche sur la vie les intérêts du capital qu'il a risqué.
Exiger le plus pour avoir le moins n'est pas de mise avec la vie.
Chacun voudrait recommencer une autre vie, mais peu de personnes voudraient recommencer la leur.
La vie est une attente perpétuelle de ce qui peut être, un renoncement perpétuel à ce qui n'est pas, une angoisse perpétuelle de ce qui doit être.