On peut toujours plus que ce que l'on croit pouvoir.
Les coeurs instinctifs sont purs sans qu'intervienne aucune notion morale, purs à la manière d'un vin, d'une pierre ou d'un poison, purs par leur violence et leur intégrité.
Tout homme, pourvu qu'il soit courageux au travail comme au danger, en vaut n'importe quel autre et que seule la vie faussée des villes permet aux pleutres et aux inutiles d'en imposer à meilleurs qu'eux.
Que c'est bon d'aimer la vie et de la risquer sans cesse.
Le capitaine est en permission. Il lui faut une femme. Allez donc faire un tour au bar. Balancé comme il l'est avec ses bananes ça ne traînera pas.
Alors la trompe du vieil éléphant se redressa, se recourba et un barrissement plus sonore, plus aigu, plus effrayant que l'éclat de cent trompettes de guerre retentit dans la sérénité de la brousse.
Enfin, nous arrivâmes à une cave de dimensions assez réduites et aux murs tapissés de bat-flanc. Sur la plupart d'entre eux des Chinois fumaient en silence.
Il marchait en batteur de brousse: un peu incliné vers l'avant, à foulées nonchalantes et rapides.
Patricia me raconta en détail, et avec une nostalgie singulière, comment elle avait soigné, fortifié, sauvé le bébé-lion. Elle avait commencé par le nourrir au biberon, puis elle lui avait donné beaucoup de sucre, elle l'avait habitué au porridge.
Même avec un calibre lourd dans les mains, on essaie de se faire plus petit quand un lion vient à vous de cette manière.
Si vous aviez vu le décollage dans le port de Casa, pleine charge, entre tous les bateaux! Le second pilote voulait descendre tellement c'était casse-gueule.
Son passé de coureur et d'écumeur de brousse était connu depuis la côte de l'océan Indien jusqu'aux grands lacs d'Afrique.
Ils étaient sur les lignes de front. Entre la brume et le sol il y avait une sorte de couloir fuligineux où l'avion s'engouffra de plein jet.
L'on peut pénétrer l'âme et le coeur des hommes sans les chercher sur les paquebots, dans les trains foudroyants et dans les lentes caravanes.
Alors j'ai connu la vraie peur. J'ai eu peur jusqu'à la moelle, jusqu'à l'âme. Cette peur-là ne peut plus se calmer. Jamais. C'est fini. Elle pousse. Elle grandit. Elle vous dévore.
Les Masaïs ne vendent et n'achètent rien. Ils ont beau être noirs, il y a du seigneur en eux.
Il n'y a rien qui plaise autant, même au plus bourgeois des peuples, que les spectacles des guerres et des violences.
Rideau après rideau, la terre ouvrait son théâtre pour les jeux du jour et du monde.
Les grands voyages ont ceci de merveilleux que leur enchantement commence avant le départ même. On ouvre les atlas, on rêve sur les cartes. On répète les noms magnifiques des villes inconnues...
Il pense qu'il n'est pas de prix assez cher pour la fierté d'un morane.
Le cuir des meilleurs boucliers n'arrête pas les griffes du lion.
Seules, des circonstances contraires à l'ordre habituel des affaires humaines même si les circonstances sont terribles peuvent donner à un bonheur le paroxysme d'acuité, de fièvre et d'exaltation que connut alors l'amour de Katleen et d'Antoine.
Séverine émergea de ce chaos sans autre sentiment que celui d'une honte intolérable. Il lui semblait qu'elle souillée à jamais et qu'en même temps elle ne pouvait ni ne voulait se laver de cette souillure.
Qui exige ou menace, perd tout droit à la courtoisie.
Œuvres de Joseph Kessel