Auteur

Joseph de Maistre

Tu sais, du reste, que tu es ma bien aimée ; ce n'est pas que tu le mérites, mais l'amour est aveugle, et jamais il n'ouvrira les yeux.
Ce qu'il y a de plus admirable dans l'ordre universel des choses, c'est l'action des êtres libres sous la main divine.
Librement esclaves, ils opèrent tout à la fois volontairement et nécessairement : ils font réellement ce qu'il veulent, mais sans pouvoir déranger les plans généraux.
Dans les ouvrages de l'homme, tout est pauvre comme l'auteur ; les vues sont restreintes, les moyens roides, les ressorts inflexibles, les mouvements pénibles, et les résultats monotones.
Chaque nation, comme chaque individu, a reçu une mission qu'elle doit remplir.
La France exerce sur l'Europe une véritable magistrature qu'il serait inutile de contester, dont elle a abusé de la manière la plus coupable.
Il y a dans la révolution française, un caractère satanique qui la distingue de tout ce qu'on a vu, et peut-être de tout ce qu'on verra.
L'histoire prouve malheureusement que la guerre est l'état habituel du genre humain dans un certain sens, c'est à dire que le sang humain doit couler sans interruption sur le globe, ici où là ; et que la paix, pour chaque nation, n'est qu'un répit.
L'homme peut tout modifier dans la sphère de son activité, mais il ne crée rien : telle est sa loi, au physique comme au moral.
Il n'y a que violence dans l'univers ; mais nous sommes gâtés par la philosophie moderne, qui a dit que tout est bien, tandis que le mal a tout souillé, et que, dans un sens très vrai, tout est mal, puisque rien n'est à sa place.
Il faut avouer aussi que, du côté des apôtres, le zèle a été parfois un peu précipité ; il a manqué dans cette occasion à la cause de la vérité, ce qui manque si souvent, une grande tête à la tête des têtes.

Œuvres de Joseph de Maistre

Cité par Louis Pauwels dans Comment devient-on ce que l'on est? (1978).Considérations sur la France (1796)Considérations sur la France (1796), IIIDu Pape (1819)Du Pape (1819), IILes Soirées de Saint-Pétersbourg (1821)Lettre, à M. le Vicomte de Bonald, 8 mai 1816Lettre, à mademoiselle Adèle de Maistre, 23 décembre 1807.Lettres et Opuscules inédits