Auteur

Jonathan Swift

L'écrivain qui veut savoir comment il doit se conduire envers la postérité, n'a qu'à considérer ce qu'il est bien aise de trouver dans les vieux livres, et ce qu'il regrette qu'on y ait omis.
Les hommes qui sont en possession de tous les avantages de la vie sont dans un état où nombreuses sont les chances de les troubler et de les incommoder, et rares celles de leur faire plaisir.
Il n'est pas logique de punir les lâches par l'ignominie; car s'ils l'eussent redoutée, ils n'auraient pas été lâches: la mort est le châtiment qui leur convient, parce que c'est celui qu'ils craignent le plus.
Les plus grandes inventions datent des temps d'ignorance: la boussole, la poudre à canon et l'imprimerie; et sont dues à la plus lourde des nations: aux Allemands.
Plusieurs circonstances de l'histoire perdent beaucoup de leur valeur à distance, quoique de très minimes en aient une grande, et il faut considérablement de jugement chez un écrivain pour en faire la distinction.
Le caméléon qui, dit-on, ne se nourrit que d'air, est celui de tous les animaux qui a la langue la plus agile.
Si l'on tenait registre de toutes ses opinions sur l'amour, la politique, la religion, l'instruction, etc., en commençant par son jeune âge et en allant jusqu'à la vieillesse, quel amas d'inconséquences et de contradictions!
La raison pour laquelle il y a si peu de mariages heureux, c'est que les demoiselles emploient leur temps à faire des filets, et non à faire des cages.
Celui qui observe en marchant dans les rues verra, je crois, les visages les plus gais dans les voitures de deuil.
Le pouvoir de la fortune n'est reconnu que par les misérables; car les heureux attribuent tous leurs succès à la prudence et au mérite.
L'ambition souvent fait accepter les fonctions les plus basses: c'est ainsi qu'on grimpe dans la même posture que l'on rampe.
La mauvaise compagnie est pareille au chien qui salit le plus ceux qu'il aime le mieux.
La censure est la taxe que le public prélève sur les hommes éminents.
Quoique les hommes soient accusés de ne pas connaître leur faiblesse, ils ne connaissent peut-être pas davantage leur force. Il en est des hommes comme des terrains, où parfois existe un filon d'or dont le propriétaire ne se doute pas.
Jamais homme sensé n'a souhaité de rajeunir.
Une fois que le monde a commencé à nous traiter mal, il continue ensuite avec moins de scrupule et de cérémonie, comme font les hommes envers une femme perdue.
Les vieillards voient mieux à distance, des yeux de l'esprit comme de ceux du corps.
Certaines gens prennent plus de soin de cacher leur sagesse que leur folie.
La louange est fille du pouvoir présent.
De petites causes suffisent pour tourmenter, lorsqu'il n'en existe pas de grandes: faute d'une souche, une paille vous fera choir.
L'amour de la flatterie, chez la plupart des hommes, provient de la piètre opinion qu'ils ont d'eux-mêmes: chez les femmes, c'est le contraire.
Vénus, une belle et bonne dame, était la déesse de l'amour; Junon, une terrible mégère, la déesse du mariage, et toujours elles furent ennemies mortelles.
Une très petite dose d'esprit est estimée dans une femme, comme nous aimons quelques mots prononcés nettement par un perroquet.
Un aimable homme est un homme à idées déshonnêtes.
Qui peut nier que tous les hommes soient violemment épris de la vérité, quand nous les voyons si fermes dans leurs erreurs, où ils se maintiennent par zèle pour la vérité, quoiqu'ils se contredisent chaque jour de leur vie?

Œuvres de Jonathan Swift

Cadenus et VanessaCité par sir Walter Scott dans La Vie de Swift.Conversation polieEn exergue dans La conjuration des imbéciles de J.K TooleEssai critique sur les facultés de l'espritInstructions aux domestiquesL'Art du mensonge politique (1733)Le Conte du tonneauLe Conte du tonneau (1704)Le Conte du tonneau (1704), Pensées détachées, morales et divertissantesLes Voyages de Gulliver (1726)Les Voyages de Samuel GulliverOpuscules humoristiquesOpuscules humoristiques (1745)Opuscules humoristiques (1745), Lettre d'avis à un jeune poètePenséesPensées sur divers sujetsPensées sur divers sujets (1741)Pensées sur divers sujets moraux et divertissantsPensées sur divers sujets moraux et divertissants (1745)