Auteur

Jean-François Regnard

C'est un pesant fardeau d'avoir un gros mérite.
Il faut dans la vie, - Assaisonner l'amour d'un peu de jalousie.
Moins on a de richesse et moins on a de peine ; - C'est posséder le bien que de savoir s'en passer.
On aime sans raison, et sans raison on hait.
Quand l'amour veut parler, la raison doit se taire.
S'il est quelque joueur qui vive de son gain, - On en voit tous les jours mille mourir de faim.
Ce n'est pas là la définition d'une femme. Une femme est un petit animal doux et malin, moitié caprice et moitié raison ; c'est un composé harmonique, où l'on trouve quelquefois bien des dissonances.
Hippocrate dit oui, mais Galien dit non.
J'aime un amour fondé sur un bon coffre-fort ... - Cette veuve, je crois, ne serait point cruelle; - Ce serait une éponge à presser au besoin.
Rien ne porte malheur comme payer ses dettes.
Ces joueurs qui courent la fortune - Dans leurs dérèglements ressemblent à la lune, - Se couchant le matin et se levant le soir.
Rien n'est plus à craindre dans la vie, - Qu'un époux qui du jeu ressent la tyrannie.
L'or est d'un grand secours pour acheter un coeur: - Ce métal, en amour, est un grand séducteur.
Il ne faut pas avec sévérité - Exiger des amants trop de sincérité.
Que les amants sont sots!
Je ne veux point ici m'affliger par avance; - L'événement souvent confond la prévoyance.
Quiconque aime, aimera; - Et quiconque a joué, toujours joue, et jouera.
Il est certains esprits qu'il faut prendre de biais, - Et que, heurtant de front, vous ne gagnez jamais.
C'est dans les grands dangers qu'on voit un grand courage.
Et lorsque l'on perd tout, on peut tout hasarder.
Qu'un joueur est heureux! Sa poche est un trésor! - Sous ses heureuses mains le cuivre devient or.
Si cette mode pouvoit venir en France, on ne verroit pas tant de filles demeurer si long-temps dans le célibat.
L'hymen est trop souvent un écueil pour l'amour.
C'est mourir tous les jours que de vivre sans vin.
Mais il faut tant d'argent pour se soigner que, puisqu'il faut mourir, autant vaut l'épargner.

Œuvres de Jean-François Regnard

Démocrite amoureux (1700)Démocrite amoureux (1700), I, 6La Foire Saint-Germain (1695), III, 1La Foire Saint-Germain (1695), III, 16La Sérénade (1694)Le DistraitLe Distrait (1697)Le Distrait (1697), II, 22Le Joueur (1696)Le Joueur (1696), I, 1Le Joueur (1696), I, 7, GéronteLe Joueur (1696), I, 8Le Joueur (1696), II, 2Le Joueur (1696), II, 3Le Joueur (1696), IV, 10 et V, 4Le Joueur, I, 6Le Joueur, III, 8Le Légataire universelLe Légataire universel (1708)Le Légataire universel (1708), IV, 1