Auteur

Jean Dutourd

C'est dans la libre préférence du danger à la sécurité qu'on reconnaît les âmes nobles.
Dans mon enfance, les vieilles barbes disaient: gouverner, c'est prévoir. Ce n'est pas l'avis des jeunes barbes actuelles dont la spécialité est de construire des maisons sur les sites à avalanches, sous prétexte que la vue est plus belle.
Démission des parents: action consistant à donner beaucoup d'argent de poche et peu de gifles.
En art comme ailleurs, il faut vivre au-dessus de ses moyens.
En France, nous avons nos réserves d'imbéciles comme les réserves de Peaux-Rouges en Amérique: ce sont les intellectuels. On est sûr de ne jamais en manquer.
L'exactitude est la politesse des montres.
L'important n'est pas les choses qu'on a à dire, mais la façon dont on les dit.
L'intelligence de la vie... Ce mélange si particulier de respect des convenances et de largeur d'esprit, cette faculté de comprendre avant de savoir.
La mission de l'écrivain, c'est de troubler les agonies.
La seule chose dont on soit sûr, en ce qui concerne l'avenir, c'est qu'il n'est jamais conforme à nos prévisions.
Le destin déplorable des jeunes dans le vent est de finir dans la peau de vieillards enrhumés.
Le monde ne plie jamais devant les volontés individuelles.
Le temps perdu à bâiller ne se retrouve jamais.
Les impatients arrivent toujours trop tard.
Les parents d'aujourd'hui veulent être aimés de leurs enfants. Cette erreur les entraîne à toutes sortes de faiblesses et de facilités.
On ne comprend guère le mot jeunesse avant trente ans.
Où finit la paresse, où commence la contemplation?
Se calomnier soi-même est la grande tentation des âmes nobles.
Tout usage finit par se changer en abus.
Une dupe, c'est un homme trompé, bien sûr, mais non pas tant trompé par les autres que par lui-même.
Aux yeux d'un artiste le fond et la forme sont indissolubles.
L'âme la plus pénétrée d'amour ne peut pas s'empêcher de pousser de petits cris de souris.
Il est plus facile d'être malheureux du malheur d'autrui qu'heureux de son bonheur.
La caractéristique des mauvais romanciers est qu'ils savent d'avance ce qu'ils vont raconter.
La liberté étant le plus grand des biens, il est normal qu'elle soit le plus onéreux.

Œuvres de Jean Dutourd

Au Bon Beurre (1952)Ca bouge dans le prêt-à-porter (1989)Dans Télé 7 Jours, 1982.De la France considérée comme une maladie (1982)Doucin (1955)Dutouriana (2002)Journal intime d'un mort (2004)L'Ame sensibleL'Ecole des jocrissesLa Gauche la plus bête du monde (1985)Le Complexe de César (1946)Le Fond et la Forme (1958)Le Séminaire de Bordeaux (1987)Le feld-maréchal von BonaparteLeporello (2007)Les DupesLes Horreurs de l'amour (1963)Les Matinées de Chaillot (1978)Les Taxis de la Marne (1956)Les choses comme elles sont (1978)