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Jean-Baptiste Rossi, dit Sébastien Japrisot

On prend ce qui vient, au moment ou ça vient, on ne lutte ni contre la guerre, ni contre la vie, ni contre la mort, on fait semblant que le seul maître du monde, c'est le temps.
La dérision en toutes choses est l'ultime défi au malheur.
Continue, tu n'as plus que ta main droite et ce coeur patraque, mais continue, ne te pose pas de questions, continue.
Je revois les pins qui brûlaient sur les collines, le passage des canadairs au ras des incendies, les nappes d'eau qui s'abattaient avec un bruit de grosse mitraille.
Je viens vers toi dans cette lumière, j'ai envie de rire et de crier, mon coeur est plein de ciel.
Les hommes dès qu'ils sont ensemble, qu'ils ont trente comme cinquante ans, c'est plus fort qu'eux, ils redeviennent des enfants.
Les maux des hommes, par trop d'enflure, vont quelquefois au néant plus vite qu'eux.
Je suis une paumée pro-esclavagiste : ce que j'imagine de meilleur au monde, c'est d'être à quelqu'un.
Elle en avait dix-sept quand on lui a dit qu'il était perdu. Elle a pleuré beaucoup, parce que le désespoir est femme, mais pas plus qu'il n'en fallait, parce que l'obstination l'est aussi.
Il faut toujours une exception qui confirme la règle.
Ils s'étaient unis pour s'aimer et pour se chérir toute la vie, jusqu'à ce que la guerre les sépare.
Il suffit de regarder les hommes pour savoir que les chats, les chiens et même Pois-Chiche ont plus de cervelles et plus de coeur.
Anjou, feu, feu de cheminée, nez de canard, canard à mare, j'en ai marre, marabout, boue des tranchées dont il s'extirpait, tête baissée tanguant d'une épaule à l'autre, pour aller plus loin vers les reflets du soir, il en avait marre.

Œuvres de Jean-Baptiste Rossi, dit Sébastien Japrisot

L'Eté meurtrier (1978)La Dame dans l'auto avec des lunettes et un fusil (1966)Un long dimanche de fiançaillesUn long dimanche de fiançailles (1991)