Auteur

Jacques Brel

La prudence me fait suer. Je hais la précaution.
Vivre entre hommes est merveilleux. Mais ce n'est pas plus facile. Vivre réfugié dans l'amour d'une femme, c'est un acte paresseux, un acte de vampire. Alors, si c'est ça être tendre et généreux...
Je hais tout ce qui est soumis. Je déteste l'homme assis.
Je préfère les hommes qui donnent à ceux qui expliquent.
On a vu souvent - Rejaillir le feu - De l'ancien volcan - Qu'on croyait trop vieux.
Un homme passe sa vie à compenser son enfance. Vers seize, dix-sept ans, un homme se termine. Il a eu tous ses rêves. Il ne les connaît pas mais ils sont passés en lui.
La bêtise, c'est la mauvaise fée du monde, la sorcière. Il n'y a pas de gens méchants, il y a des gens bêtes. Mais ce n'est pas de leur faute. Mais il y a des gens qui ont peur. Et ça c'est de leur faute.
Si je lisais chaque soir Rimbaud, Baudelaire et Verlaine, si j'écoutais sans cesse Ravel, Fauré et Debussy, je n'écrirais plus une note, plus un mot. Quand je lis Baudelaire, je comprends tout ce que j'ai raté.
Les femmes, j'ai l'impression d'être passé un peu à côté.
Contempler ma gueule pendant une heure et demie sur un écran, c'est au-dessus de mes forces.
On m'a crié: «casse-cou»! Ca m'a excité. C'est terriblement gai de faire les choses qu'on sait dangereuses.
Je suis plutôt écoeuré par le monde de la chanson, et je ne suis pas le seul. J'éprouve profondément le besoin de m'en dégager.
Quand je ne chante pas, je fais de l'avion, ou j'en rêve. Ce qui est beau, c'est de faire du rase-mottes dans les nuages. On trouve des routes, on suit des avenues, on se perd...
Ce sont des grands professionnels, mais chez eux, la lampe électrique a tué l'étincelle.
Un homme est fait pour être mobile. Tout le malheur vient de l'immobilité. On use les choses en étant immobile.
Je n'aime pas beaucoup les femmes car elles sont un peu l'ennemi. Je ne suis pas misogyne mais je me méfie d'elles, profondément. Je me méfie d'elles parce que j'ai horreur de souffrir, d'avoir mal aux dents, et puis ça ne sert à rien...
Les femmes sont toujours en dessous de l'amour dont on rêve et comme je suis assez romantique et sentimental, je ne m'en cache pas du tout, la femme est un peu à côté de l'amour, à côté du rêve que j'ai.
Je pars parce que je ne veux pas devenir un vieux chanteur. J'ai trente-huit ans et j'ai besoin de vivre, de me balader, de respirer.
En voyageant, j'ai compris que l'homme libre est nomade. Je choisis donc la liberté avant qu'il ne soit trop tard. Je ne veux pas devenir un vieux chanteur.
Mais on s'égare - On s'effare - On se désempare.
Et un point à l'envers - Et un point à l'endroit - Un point pour saint Joseph - Un point pour saint Thomas.
Tout peut s'oublier - Qui s'enfuit déjà.
Faut dire - Faut dire qu'elle était belle - Comme une perle d'eau - Faut dire qu'elle était belle - Et je ne suis pas beau.
On n'oublie rien, de rien - On n'oublie rien du tout - On n'oublie rien de rien - On s'habitue c'est tout.
C'est pour pouvoir enfin botter les fesses - A ces vieillards qui nous ont dit - Que nos vingt ans que notre jeunesse - Etaient le plus beau temps de la vie.

Œuvres de Jacques Brel

7 janvier 1971A propos du conflit Wallons - Flamands.Amsterdam (1964)Ces gens-là (1965), FernandChacun sa Dulcinéa (1968)Cité par Marc Robine dans Grand Jacques.Extrait du film: Un idiot à ParisExtrait du film: Un idiot à Paris.FernandFrance Culture, 27 juillet 1967Grand Jacques, c'est trop facile (1955)Interview à la RTB, 1971 - A propos des Américains.Interview à la RTB, 1971.Je vous souhaite « voeux de Jacques Brel sur Europe 1, 1er Janvier 1968 »Jef (1964), Au suivantJef (1964), Ces gens-làJef (1964), Le dernier repasJojo (1977)L'Homme dans la cité (1958)L'Ostendaise