Auteur

Jacques Amyot

Le plus grief de noz malheurs nous est de veoir nostre païs reduit à telz termes, que toute son esperance gise et consiste en nous.
Il entortilla autour de son col ce qu'il avoit d'habillements, qui n'estoient pas beaucoup ny de gueres pesans.
Le serpent se glissa contre-mont le long de son col jusques à ce qu'il l'attaignit à la face.
Il en vouloit à ceulx qui par voyes obliques s'alloient glissans en la bonne grace du peuple.
Ilz deschausserent leurs souliers, pource que l'on glisse moins en montant à piedz nudz sur des eschelles.
Il monta en une presumption et une gloire encore plus grande que n'estoit sa puissance.
Ne plus ne moins qu'une femme glorieuse, qui veult estre parée de riches joyaulx et de pierres precieuses.
Ce Manlius là n'estoit qu'un glorieux qui se vantoit de ce qui n'estoit pas vray.
Ce que l'eunuque luy disoit malicieusement, pour le provoquer à parler, et à se jetter hors des gons, sachant bien qu'il estoit homme leger de sa nature, et qui ne sçavoit pas bien tenir sa langue.
Que luy mesme avec ses propres voix logeoit le tyran dedans la forteresse, qui luy mettroit un jour le pied sur la gorge.
Il y eut des meschans qui coupperent la gorge à ceulx qu'ils sçavoient avoir de l'or et de l'argent.
Il s'esmerveilla fort quand il veit en la province d'Ecbatane le gouffre dont il sort continuellement de gros bouillons de feu comme d'une fonteine.
Il les nourrit si diversement (deux chiens), qu'il en rendit l'un gourmand et goulu, et l'autre bon à la chasse et à la queste.
Diogenes, voyant un jeune garçon qui mangeoit gouluement, donna un soufflet à son pedagogue.
Quand il eut demouré quelque temps auprès de luy, il commencea à cognoistre et gouster la bonté de son naturel.
Toutefois les plus gros et les plus gens de bien de la ville, voyant le tort qu'on luy faisoit, prirent sa cause en main.
Reduittes de la haultesse de tous biens et tous honneurs mondains à une vie basse et privée.
La vieillesse, ou bien la grandeur de ses malheurs, luy avoient troublé le sens et hebeté le sentiment de douleur.
On eust dit, à voir le bataillon des Lacedemoniens, que ce n'estoit qu'un corps, comme de quelque beste courageuse qui se herissoit et se preparoit pour combatre.
Partie de ces terres se bailloit à ferme ou à rente aux pauvres citoyens qui n'avoient point d'heritage.
Le roy, l'ayant ouy parler, ne luy respondit rien à l'heure, combien qu'il eust en grande admiration son bon sens et sa hardiesse.
Cleandrides, s'en estant fouy de bonne heure, fut par contumace condamné à mourir.
Vous voyez comme en un moment d'heure nous avons abattu et mis sous noz piedz la maison d'Alexandre le Grand.
Ilz l'eurent traversée en peu d'heure, pour la diligence et l'effort que feirent les vogueurs de ramer.
Ilz ne s'estuvoient ny ne soignoient jamais, sinon à certains jours de l'année, que l'on leur faisoit un petit gouster de cette doulceur.

Œuvres de Jacques Amyot

Agis et Cléomène, 19Agis et Cléomène, 22Agis et Cléomène, 54Agis et Cléomène, 69Agis et Cléomène, 74Agésilas et Cléomène, 11Agésilas et Cléomène, 2Agésilas et Cléomène, 28Agésilas et Cléomène, 47Agésilas et Cléomène, 72Agésilas et Cléomène, 9Agésilas, 1Agésilas, 10Agésilas, 16Agésilas, 17Agésilas, 2Agésilas, 21Agésilas, 23Agésilas, 25Agésilas, 3