Auteur

Hubert Reeves

A l'échelle astronomique, la lumière progresse à pas de tortue. Les nouvelles qu'elle nous apporte ne sont plus fraîches du tout !
Les marins baleiniers qui partaient en expédition passaient deux ou trois ans sans voir autre chose que l'étendue illimitée des océans. Auraient ils accepté de croire que l'eau liquide est plus rare à l'échelle cosmique que l'or sur la Terre ?
Si un jour une montagne accouchait d'une souris, il faudrait crier au plus extraordinaire des miracles.
L'Univers est une machine à faire de la conscience.
Le vrai problème c'est: «Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien?»
Des catastrophes «arrivent». Puis, elles «sont arrivées». Et on passe à autre chose.
La curiosité d'être enfin sur le point de savoir peut-elle soutenir nos derniers instants?
Par nous, la nature se renvoie une image d'elle-même.
La beauté naît du regard de l'homme. Mais le regard de l'homme naît de la nature.
Pour tirer le meilleur parti des connaissances acquises, pour en extraire toute la richesse, il importe de ne pas s'y habituer trop vite, de se laisser le temps de la surprise et de l'étonnement.
Pour explorer le champ des possibles, le bricolage est la méthode la plus efficace.
La question n'est pas de savoir si Dieu existe ou non. Mais plutôt: qui est-Il, et à quoi joue-t-Il?
Toute philosophie est indissociable du monde émotif duquel elle émerge. Son intérêt vient du fait qu'elle témoigne d'une expérience humaine, d'une rencontre d'un monde intérieur avec le monde extérieur.
Devenir adulte, c'est reconnaître, sans trop souffrir, que le «Père Noël» n'existe pas. C'est apprendre à vivre dans le doute et l'incertitude.
Distinguer le «raisonnable» et le «rationnel». Le premier inclut l'intuition et l'affectif. Le second n'implique qu'un déroulement correct du processus logique.
La musique nous donne accès au coeur du monde. Quand j'écoute Mozart, Schubert ou Wagner, je sens monter en moi un irrésistible sentiment d'exaltation et de reconnaissance pour l'univers qui a engendré la vie et la musique.
La science moderne est un admirable monument qui fait honneur à l'espèce humaine et qui compense (un peu) l'immensité de sa bêtise guerrière.
J'inverserais volontiers le pari de Pascal. Vivre comme s'il n'y avait rien après, mais laissant grande ouverte la possibilité qu'il y ait «quelque chose».
Devenir adulte, c'est apprendre à vivre dans le doute et à developper, au travers des expériences, sa propre philosophie, sa propre morale. Eviter le «prêt-à-penser».
Faire de la musique, c'est recréer le lien avec un homme disparu depuis longtemps, marcher dans ses pas, le retrouver à sa table de travail. Entendre la musique qui se construit et se fixe dans sa forme finale.
Le drame de l'existence humaine ... est de devoir renoncer un jour à être dans la lumière ...
Il ne s'agit pas de fuir la réalité, - mais de la vivre avec passion.
Il n'y a rien à «comprendre». - C'est comme ça.
Je ne comprends pas. Comment cela est-il possible? dit l'homme de bon sens. La réponse, c'est qu'il n'y a rien à «comprendre». C'est comme ça.
Interrogeons alors l'observation astronomique sur la dimension de l'Univers. ... Elle ne répond pratiquement rien ... : au-delà d'une certaine distance, on ne «voit» plus rien. L'amélioration des téléscopes n'y changera rien.

Œuvres de Hubert Reeves

Chronique Environnement Planète verte , 2 mars 2008Interview Tant de temps , Propos recueillis par Anne-Sophie Novel pour Le MondeIntimes convictionsJe n'aurai pas le temps (2008)L'Espace prend la forme de mon regardL'heure de s'enivrer, L'univers a-t-il un sens ? (1986)La plus belle histoire du monde (1995)Malicorne, Réflexions d'un observateur de la nature (1990)Patience dans l'azur (1981)Patience dans l'azur. L'évolution cosmique