Auteur

Honoré de Balzac

Les jeunes gens amoureux sont comme les affamés ; les préparatifs du cuisinier ne les rassasient pas : ils pensent trop au dénoûment pour comprendre les moyens.
Une âme divine s'exhale par tous les mouvements. L'innocence a toujours un beau sommeil.
L'amour que les femmes inspirent à un homme comporte des éloges sans hypocrisie, et qu'il est difficile de ne pas savourer ; mais quand cet homme appartient à une amie, ses hommages causent plus que de la joie, c'est de célestes délices.
Avoir une prétention et la justifier est l'impertinence de la force ; mais être au-dessous de ses prétentions avouées constitue un ridicule constant dont se repaissent les petits esprits.
En France, l'amour-propre mène à la passion.
Quand l'amour est pur, un soupçon le flétrit.
L'amour comporte un choix fait à tout moment, confirmé de jour en jour. Le lendemain approuve la veille et grossit le trésor de nos plaisirs.
L'extase religieuse est la folie de la pensée dégagée de ses liens corporels ; tandis que, dans l'extase amoureuse, se confondent, s'unissent et s'embrassent les forces de nos deux natures.
Toutes les figures militaires se ressemblent.
Les amoureux, ainsi que les martyrs, se sentent frères de supplices ! Rien au monde ne se comprend mieux que deux douleurs semblables.
J'accorde aux faits constants, quotidiens, secrets ou patents, aux actes de la vie individuelle. à leurs causes et à leurs principes, autant d'importance que jusqu'alors les historiens en ont attaché aux événements de la vie publique des nations.
Un mari de talent ne suppose jamais ouvertement que sa femme a un amant.
Pour quiconque observe le monde social, ce sera toujours un objet d'admiration que la plénitude, la perfection et la rapidité des conceptions chez les natures vierges.
La conviction est la volonté humaine arrivée à sa plus grande puissance. Tout à la fois effet et cause, elle impressionne les âmes les plus froides, elle est une sorte d'éloquence muette qui saisit les masses.
S'il y a du plaisir à se rappeler les dangers passés, n'y a-t-il pas aussi bien des délices à se souvenir des plaisirs évanouis ? N'est-ce pas en jouir deux fois ?
Une jeune fille séduite est comme une fleur qu'on a cueillie ; mais la femme coupable est une fleur sur laquelle on a marché.
La douleur, de même que le plaisir, a son initiation.
Quand les gens d'esprit en arrivent à vouloir s'expliquer eux-mémess à donner la clef de leurs coeurs, il est sûr que l'ivresse les a pris en croupe.
La puissance du faible qui peut se glisser partout est plus grande que celle du fort qui se repose sur ses canons.
Tout ce qui tourne en malheur pour une femme abandonnée se change en bonheur chez un homme abandonné.
L'amour ne subsiste qu'en se croyant éternel, et vous aperceviez à quelques pas dans votre vie une séparation horrible : le dégoût et la vieillesse terminant bientôt un poème sublime.
Les événements ne sont jamais absolus, leurs résultats dépendent entièrement des individus : le malheur est un marchepied pour le génie, une piscine pour le chrétien, un trésor pour l'homme habile, pour les faibles un abîme.
Peut-être ne haïssons-nous pas la sévérité quand elle est justifiée par un grand caractère, par des moeurs pures, et qu'elle est adroitement entremélée de bonté.
Tant que l'amour recule devant un crime, il nous semble avoir des bornes, et l'amour doit étre infini.
Combien de contes des Mille et une Nuits tient-il dans une adolescence ?

Œuvres de Honoré de Balzac

Albert Savarus (1842)Appendices, V, 32Autre étude de femmeAutre étude de femme (1839-1842)Avant son agonie.BéatrixBéatrix (1839)Cité par Shoshana Felman dans La Folie et la Chose littéraire.Confidences rapportées par George Sand dans Histoire de ma vie.CorrespondanceCorrespondance, 1819Correspondance, 1846Correspondance, à Hippolyte Castille, 11 octobre 1846César Birotteau (1838)Etude de femme (1831)Eugénie Grandet (1833)Facino Cane (1837)Ferragus, chef des DévorantsGambara (1837)Gobseck (1830)