Auteur

Hervé Le Tellier

Je pense que rien n'est sérieux, alors ne viens pas me demander si toi et moi, ça l'est.
Je pense que si le parfum est le plus puissant évocateur de souvenirs, c'est que le nez est plus près du coeur que les yeux.
Je pense qu'il s'est passé plusieurs années entre le moment où j'ai compris que j'allais mourir et celui où j'ai compris que j'allais d'abord vieillir.
Je pense que la barbe blanchit avant les cheveux parce qu'on parle plus qu'on ne pense.
Je pense que le problème des aventures sans lendemain, c'est ce qu'il y a souvent tout de même un lendemain matin.
Je pense que je perds le fil de ma lecture lorsque le texte cesse d'être une musique que j'écoute pour devenir un bruit de fond.
Je pense que la vie est comme une bouteille de champagne, une fois ouverte, impossible de remettre le bouchon.
Je pense qu'on n'aime que les êtres qui peuvent vous détruire, à moins qu'il n'y ait que les êtres que l'on aime qui puissent vous détruire.
Je pense qu'il existe deux jalousies, celle qui pousse à se tuer par amour-propre, et celle qui pousse à tuer par amour-propre.
Anna s'est entendue. Toute son ambivalence est là. «Fais-le pas» ou «Fais le pas». De l'importance du tiret et de l'inconscient.
Les êtres qui vont prendre place dans notre vie sont toujours, à la veille de leur rencontre, des inconnus, et l'écrire est moins une naïveté qu'un émerveillement.
Le vrai pessimiste sait qu'il est déjà trop tard pour l'être.
La vérité, avec l'amour, c'est que le coeur sait tout de suite et il crie. Bien sûr, on ne va pas déclarer à la personne qu'on l'aime, comme ça, de but en blanc. Elle ne comprendrait pas. Alors, histoire de se cacher qu'on est déjà son otage, on lui fait la conversation.
La vérité, avec l'amour, c'est que le coeur sait tout de suite et il crie.
Il se conforte dans l’idée désespérante qu’en additionnant les obscurités individuelles, on obtient rarement une lumière collective.
La nostalgie est une scélérate. Elle laisse croire que la vie a du sens.
Personne ne vit assez longtemps pour savoir à quel point personne ne s’intéresse à personne.
Le succès à cinquante ans, c’est la moutarde qui arrive au dessert.
La séduction a toujours été un savoir-faire commun, la rupture un art majeur.
L’amour, c’est ne pas pouvoir empêcher le cœur de piétiner l’intelligence.
Puis-je vous rappeler cette phrase de Nietzsche ? « Les vérités sont des illusions dont on a oublié qu’elles le sont. »
Je ne connais pas de problème qui résiste à une absence de solution.
À quoi sert de savoir ? Il faut toujours préférer l’obscurité à la science. L’ignorance est bonne camarade, et la vérité ne fabrique jamais du bonheur. Autant être simulés et heureux.
Les êtres qui vont prendre place dans notre vie sont toujours, à la veille de leur rencontre, des inconnus, et l'écrire est moins une naïveté qu'un émerveillement.
On n'aime jamais personne mais seulement des qualités.

Œuvres de Hervé Le Tellier

Assez parlé d'amour (2009)Assez parlé d'amour (2009)Guerre et plaies (2003)L'Anomalie (2020)Les amnésiques n'ont rien vécu d'inoubliable (1998)Toutes les familles heureuses (2017)