Rien de triste ou d'attendri n'amollissait ce regard pâle. Dans la fréquentation des animaux, elle avait pris leur mutisme et leur placidité.
Auteur
Gustave Flaubert
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Moi, à cause du froid (car il ne fait pas chaud du tout, le temps est sec) et par précaution, j'ai dès maintenant endossé la chemise de flanelle. Me voilà donc condamné au gilet de santé.
Je me suis remis à travailler, mais ça ne va pas du tout! J'ai peur de n'avoir plus de talent et d'être devenu un pur crétin, un goitreux des Alpes.
La littérature est un vésicatoire qui me démange. Je me gratte par là jusqu'au sang.
La fin de Candide est ainsi pour moi la preuve criante d'un génie de premier ordre. La griffe du lion est marquée dans cette conclusion tranquille, bête comme la vie.
Et ce qui me le fait chérir, c'est le dégoût que m'inspirent les voltairiens, des gens qui rient sur les grandes choses! Est-ce qu'il riait, lui? Il grinçait!
Ne venez pas, ma belle amie. Je suis infect, et je vous empoisonnerais de mon haleine. J'ai une belle grippe avec accompagnement de fièvre et sueurs. Je crache, je tousse, je mouche, etc.
De sorte que, pour ne pas vivre, je me plonge dans l'Art, en désespéré; je me grise avec de l'encre comme d'autres avec du vin.
Je suis dévoré de comparaisons, comme on l'est de poux, et je ne passe mon temps qu'à les écraser; mes phrases en grouillent.
Le seul moyen de guérir, c'est de se considérer comme guéri.
Je suis d'une gaieté folle, sans motifs, et je gueule tout seul de par les appartements de mon logis, à me casser la poitrine.
Plongez-vous dans de longues études; il n'y a de continuellement bon que l'habitude d'un travail entêté. Il s'en dégage un opium qui engourdit l'âme.
Les heures passent vite quand nous sommes ensemble; j'ai tant de choses à vous dire, et vous m'écoutez si bien!
Etre bête, égoïste, et avoir une bonne santé, voilà les trois conditions voulues pour être heureux; mais si la première nous manque, tout est perdu.
Des hirondelles passaient en poussant de petits cris, coupaient l'air au tranchant de leur vol, et rentraient vite dans leurs nids jaunes, sous les tuiles du larmier.
Je veux faire l'histoire morale des hommes de ma génération; «sentimentale» serait plus vrai.
Cadeau: Ce n'est pas la valeur qui en fait le prix, ou bien ce n'est pas le prix qui en fait la valeur. Le cadeau n'est rien, c'est l'intention qui compte.
Il y avait bien une trentaine de plats à table, pour quatre personnes que nous étions. Afin de faire honneur à tant d'honneurs, j'ai mangé de telle sorte que si je n'ai pas eu d'indigestion le soir, c'est que j'ai un rude estomac.
Quel chien d'hiver! J'ai vu la Seine à Rouen complètement prise; c'est la troisième fois seulement que, de ma longue carrière, je jouis de ce spectacle hyperboréen.
Pour que la matière est tant de pouvoir, il faut qu'elle contienne un esprit.
Il y a quelques jours, j'ai rencontré trois pauvres idiotes qui m'ont demandé l'aumône. Elles étaient affreuses, dégoûtantes de laideur et de crétinisme, elles ne pouvaient pas parler; à peine si elles marchaient.
Le bonheur est un mensonge dont la recherche cause toutes les calamités de la vie. Mais il y a des paix sereines qui l'imitent et qui sont supérieures peut-être.
Le soir même, il fut pris d'une grande chaleur dans la poitrine, avec une oppression à ne pouvoir se tenir couché. Des sangsues amenèrent un soulagement immédiat.
La bonne et la mauvaise société doivent être étudiées. La vérité est dans tout.
Un sujet à traiter est pour moi comme une femme dont on est amoureux; quand elle va vous céder on tremble et on a peur, c'est un effroi voluptueux.
Œuvres de Gustave Flaubert
AgoniesBouvard et Pécuchet (1881)Bouvard et Pécuchet (1881), XCarnetsCorrespondanceCorrespondance (1830-1851)Correspondance (1887-1893)Correspondance (à propos de Madame Bovary).Correspondance 1859-1860Correspondance I, A Alfred Le Poittevin, 2 avril 1845Correspondance I, A Emmanuel Vasse de Saint-Ouen, 4 juin 1846Correspondance I, A Louise Colet, 15 août 1846Correspondance I, A Louise Colet, 15 février 1847Correspondance I, A Louise Colet, 17 septembre 1846Correspondance I, A Louise Colet, 20 décembre 1846Correspondance I, A Louise Colet, octobre 1847Correspondance I, à Louise Colet, 12 août 1846Correspondance I, à Louise Colet, 30 janvier 1847Correspondance à George Sand (1871)Correspondance à George Sand, 1866.