Je ne me sens toujours pas intégré dans la vie normale. Les camps de concentration m'ont rendu prématurément blasé, m'ont fait perdre tout sentiment violent de peur, d'amour ou de joie.
Auteur
Giuseppe Mustacchi, dit Georges Moustaki
Ce que je n'ai pas compris et ne comprendrai jamais, c'est qu'au nom d'une guerre, on massacre toute une catégorie de gens. Aucune logique dans tout cela. La haine n'explique pas tout.
Nous avons toute la vie pour nous amuser. - Nous avons toute la mort pour nous reposer.
Je voudrais perdre la mémoire - Pour ne plus changer de trottoir - Quand je croise mes souvenirs.
Et nous ferons de chaque jour - Toute une éternité d'amour - Que nous vivrons à en mourir.
Ma liberté - Longtemps je t'ai gardée - Comme une perle rare - Ma liberté - C'est toi qui m'a aidé - A larguer les amarres - Pour aller n'importe où - Pour aller jusqu'au bout - Des chemins de fortune - Pour cueillir en rêvant - Une rose des vents - Sur un rayon de lune.
Pour avoir si souvent dormi avec ma solitude - Je m'en suis fait presque une amie une douce habitude - Elle ne me quitte pas d'un pas fidèle comme une ombre - Elle m'a suivi çà et là aux quatre coins du monde - Non je ne suis jamais seul avec ma solitude.
Dire qu'il faudra mourir un jour - Quitter sa vie et ses amours - Dire qu'il faudra laisser tout ça - Pour dieu seul sait quel au-delà - Dire qu'il faudra mourir un jour - Dire qu'il faudra mourir un jour - C'est dur à penser - Il faut bien le dire.
Dire qu'il faudra rester tout seul - Dans la tristesse d'un linceul - Sans une fille pour la nuit - Sans une goutte de whisky - Dire qu'il faudra mourir un jour - Dire qu'il faudra mourir un jour - C'est dur à penser - Il faut bien le dire.
Dire qu'il faudra bon gré mal gré - Finir dans d'éternels regrets - Moi qui voudrais plus d'une vie - Pour passer toutes mes envies - Dire qu'il faudra mourir un jour - Dire qu'il faudra mourir un jour - C'est dur à penser - Il faut bien le dire.
Dire qu'il faudra mourir d'ennui - En enfer ou au paradis - Passer toute une éternité - Sans jamais pouvoir s'évader - Dire qu'il faudra mourir un jour - Dire qu'il faudra mourir un jour - C'est dur à penser - Il faut bien le dire.
Les aiguilles ont tourné il est trop tard - Mon enfance est si loin il est déjà demain - Passe-passe le temps il n'y en a plus pour très longtemps.
Un jour tu es parti sous terre ou dans le ciel - Pour goûter au repos que l'on dit éternel - Rejoindre les copains qui t'avaient précédé - Et courtiser les muses de l'autre côté.
Où mènent ces routes devant moi - Où vont ces trains que je ne prends pas - Les bateaux qui partent me laissent sur le quai - Je commence à être fatigué.
J'ai usé mon âme et mes souliers - Sur tous les chemins des écoliers - Près d'une fontaine je m'assieds un instant - Je veux regarder passer le temps.
Quand nous dépasserons l'humanité - Alors nous serons l'homme.
Quand nous avons dépassé les savoirs - Alors nous avons la connaissance - La raison fût une aide - La raison est l'entrave.
Quand nous avons dépassé les velléités - Alors nous avons le pouvoir - L'effort fût une aide - L'effort est l'entrave.
Il n'y a pas il n'y aura jamais - De temps futur au verbe aimer - Chaque instant est toute une vie - Demain est un autre aujourd'hui.
J'aimerais croiser ton chemin - Prendre tout simplement ta main - Et t'emmener au bout du monde - A pied à cheval en bateau - Comme dans les romans photos - Où l'amour naît à la seconde.
Une seule fois il suffit de briser un coeur - Ni prières ni foules n'effaceront ton acte.
Œuvres de Giuseppe Mustacchi, dit Georges Moustaki
Aphorismes (1974)As-tu brisé un coeur ?Dire qu'il faudra mourir un jour (1970)Fils du brouillard (2001)Il est trop tard (1969)La Philosophie (1975)La mémoire (1976)Le métèque (1969)Ma liberté (1970)Ma solitude (1969)Moustaki : Chaque instant est toute une vie... (2005)Où mènent ces routes devant moi (1971)Un jour tu es parti (1988)