Auteur

Gérard de Nerval

Je respecte la vie intime de mes voisins, et ne suis pas de ceux qui examinent avec des longues-vues le galbe d'une femme qui se couche, ou surprennent à l'oeil nu les silhouettes particulières aux incidents et accidents de la vie conjugale.
Dans les rêves, on ne voit jamais le soleil, bien qu'on ait souvent la perception d'une clarté beaucoup plus vive. Les objets et les corps sont lumineux par eux-mêmes.
Il est des gens qui crient très haut qu'ils n'ont jamais voulu se vendre; c'est peut-être qu'on ne se serait jamais soucié de les acheter.
Le rêve est une seconde vie.
Rien n'est indifférent, rien n'est impuissant dans l'univers; un atome peut tout dissoudre, un atome peut tout sauver.
Il est sage d'aimer dans la belle saison de l'âge; plus sage de n'aimer pas.
En Afrique, on rêve l'Inde comme en Europe on rêve l'Afrique; l'idéal rayonne toujours au-delà de notre horizon actuel.
J'ignore si tu prendras grand intérêt aux pérégrinations d'un touriste parti de Paris en plein novembre.
Je l'ai vue ainsi, je l'ai vue: ma journée a commencé comme un chant d'Homère! C'était vraiment l'Aurore aux doigts de rose qui m'ouvrit les portes de l'Orient!
Le soleil noir de la mélancolie, qui verse des rayons obscurs sur le front de l'ange rêveur d'Albert Dürer, se lève aussi parfois aux plaines lumineuses du Nil, comme sur les bords du Rhin, dans un froid paysage d'Allemagne.
Je suis le ténébreux, le veuf, l'inconsolé, - Le prince d'Aquitaine à la tour abolie.
Tu voudrais ranimer mon coeur: - Sur ce front pâle et sans jeunesse - Ne vois-tu pas que la tristesse - A banni l'espoir du bonheur?
Le bonheur cache toujours sa porte: - Un caprice le donne, un caprice l'emporte.
Il y avait là de quoi faire un poète, et je ne suis qu'un rêveur en prose.
Dans de vastes souterrains, creusés sous les hypogées et sous les pyramides, ils avaient accumulé tous les trésors des races passées et certains talismans qui les protégeaient contre la colère des dieux.
Trop ne vaut rien.
Le voleur vole et ne trompe pas; le marchand vole et trompe.
Voici le vulcain rapide, - Qui vole comme un oiseau: - Son aile noire et splendide - Porte un grand ruban ponceau.
Vers deux heures, on me mit au bain, et je me crus servi par les Walkyries, filles d'Odin, qui voulaient m'élever à l'immortalité en dépouillant peu à peu mon corps de ce qu'il avait d'impur.
Je suis le ténébreux, le veuf, l'inconsolé, - Le prince d'Aquitaine à la tour abolie.
Soit brune ou blonde - Faut-il choisir? - Le Dieu du monde, - C'est le Plaisir.
Vous êtes la première femme que j'aime, et je suis peut-être le premier homme qui vous aime à ce point.
Un amour qui remonte à l'enfance est quelque chose de sacré.
Il y a des hommes qui jouent si bien la comédie de l'amour! Je n'ai jamais pu m'y faire, quoique sachant que certaines acceptent sciemment d'être trompées.
C'est le bonheur qui me rend triste ; il me force à penser au malheur qui le suit toujours de près.

Œuvres de Gérard de Nerval

Aurélia ou Le rêve et la vie (1855)Aurélia ou Le rêve et la vie (1855), VIIIChanson gothiqueContes et facéties (1852)Contes et facéties (1852), La main enchantéeCorrespondanceDans Vocabulaire esthétique de Roger Caillois.FragmentsFragments, Un souvenirLa Bohème galante (1852)La Bohème galante (1852), AuréliaLa Bohème galante (1852), EmilieLa Bohème galante (1852), Promenades et SouvenirsLa Bohème galante (1852), Promenades et Souvenirs, Le divanLaisse-moi!Le Chariot d'enfant (1850)Les Chimères (1854), CorillaLes Chimères (1854), El DesdichadoLes Chimères, AntérosLes Chimères, Artémis