Auteur

Georges Courteline

Le père Soupe était un petit vieux à lunettes, de qui l'édentement peu à peu avait avalé les minces lèvres.
Et à quoi dois-je, à cette heure inopinée, l'avantage de votre visite?
Marchant sur les traces des athlètes lacédémoniens qui s'oignaient d'huiles parfumées, il inventa de se badideonner, depuis les pieds jusqu'à la tête, avec de l'huile de foie de morue.
Levés à quatre heures et demie, les lascars y étaient encore quand sonnait l'extinction des feux, harassés, passant à la cire les longues bélières des bancals, ou blanchissant leurs gants à la terre de pipe.
Il jouait le monsieur débordé de besogne, qui repassera une autre fois n'ayant pas le temps de flâner.
Chaque fois qu'il citait un nom, il le biffait violemment d'un trait de crayon qui s'abattait sur le papier comme un couperet sur une nuque.
Depuis longtemps, il mijotait en soi, à l'intention du père Soupe, le plan d'un blague gigantesque.
Nous passâmes une journée charmante dans la solitude du tête-à-tête, ou, pour mieux dire, du bouche à bouche et nous ne revînmes à Paris qu'assez tard.
Tout cela ... distingué à travers un paquet de fumée comme un fond de mer artificiel à travers la vitre brouillassée d'un aquarium souterrain.
Mes secrètes ambitions seraient d'être embauché dans une troupe de comédiens et de partir sous un nom d'emprunt cabotiner en province, me couvrir de gloire dans les rôles de tenue des mélodrames à trémolo.
Il s'abattait sur un bureau à la façon d'une nuée de sauterelles, et tout de suite c'était la fin, le carnage, la dévastation.
Je rencontrai Adèle dans une maison amie où elle venait, le dimanche soir, prendre le thé et faire la causette.
Ce fut l'écroulement général et de la table, et de la chaise, et de Bourdon, le tout dans un charivari de verres cassés et de bouteilles culbutées.
Y en a, ici, qui sont venues de Grenelle en carrosse, tout exprès pour se faire traiter de charognes.
La prochaine fois qu'il t'arrivera de rentrer plus tard que minuit, je te refourrerai à Saint-Louis; tu y finiras tes vacances!... Bougre de polisson!... Chenapan!... D'abord, d'où viens-tu?
Des deux côtés de la lourde chope où il engloutissait son nez, les yeux de Boubouroche flambaient comme des yeux d'ours.
Rendu à sa mauvaise humeur, le jeune homme se claustra en un farouche mutisme.
Le fait est qu'il la connaissait pour point commode, maîtresse femme jusqu'au bout des ongles.
Mais sitôt seul, tout éclatait! c'était le brusque débordement d'un liquide laissé trop longtemps sur le feu.
Combien je déplore, Monsieur, d'avoir à vous gâter, aussi complètement que je vais avoir l'honneur de le faire, les illusions où vous vous complaisez!
Elle estimait que, tout de même, celle-là était un peu violente, et Boubouroche, en son for intérieur, fut bien forcé de confesser qu'elle n'avait pas tout à fait tort.
Un buffet gigantesque de chêne, si haut que son léger couronnement de colonnettes joignait la céruse du plafond.
Mais, ce qui ne saurait être dit, rapporté en termes trop pompeux, ce fut l'extrême courtoisie qu'il apporta à l'accomplissement de cette difficile opération.
Un printemps gai, charmant, exquis, tout frais débarqué de la nuit sans avoir averti de sa venue, en bon provincial qui arrive du Midi.
Un père de famille qui a enfin réussi à embarquer pour la Bolivie le fils prodigue de qui les honteuses débauches souillaient de fange les cheveux blancs.

Œuvres de Georges Courteline

(Egalement attribué à Georges Clemenceau)Ah ! Jeunesse ! (1894)Ah! Jeunesse! (1894)Boubouroche (1893)Boubouroche (1893), Petit historiqueGodefroyL'Article 330 (1900)La Conversion d'Alceste (1905)La Conversion d'Alceste (1905), VI, AlcesteLa Cruche ou J'en ai plein le dos de Margot (1909)La Paix chez soi (1903), IV, TrielleLa Peur des coups (1895)La Philosophie de Georges CourtelineLa Philosophie de Georges Courteline (1917-1922)La Philosophie de Georges Courteline (1917-1922), La Paix chez soiLe Train de 8 heures 47 (1888)Le Train de 8h47Le miroir concave, Tout ce que tu voudrasLes Femmes d'amis (1888)Les Gaietés de l'escadron (1886)