Auteur

Friedrich Wilhelm Nietzsche

Il est nécessaire de raviver un souvenir encore cent fois plus gênant pour les Allemands. Les Allemands ont frustré l'Europe de la dernière grande moisson de culture que l'Europe aurait dû engranger: la Renaissance.
Le bonheur me court après. Cela vient de ce que je ne cours pas après les femmes. Or, le bonheur est une femme.
La foi en la vérité commence avec le doute de toutes les «vérités» en quoi l'on a cru jusqu'à présent.
A parodie la plus sérieuse que j'aie jamais entendue est celle-ci: Au commencement était le non-sens, et le non-sens était, par Dieu! et Dieu (divin) était le non-sens.
La méditation a perdu toute sa dignité de forme; on a tourné en ridicule le cérémonial et l'attitude solennelle de celui qui réfléchit, et l'on ne tolérerait plus un homme sage du vieux style.
En ceci que je considère le monde comme un jeu divin par-delà le bien et le mal, j'ai pour précurseurs la philosophie de Vedanta et Héraclite.
Mais toute joie veut l'éternité. - Veut la profonde, profonde éternité!
Ce sont les mots les plus silencieux qui amènent la tempête. Des pensées qui viennent sur des pattes de colombes mènent le monde.
Ce sont les pensées qui viennent comme portées sur des pattes de colombes qui dirigent le monde.
Ce n'est pas ton mensonge qui me bouleverse mais de ne plus pouvoir te croire.
Le corps est une grande raison, une pluralité avec un sens unique, une guerre et une paix, un troupeau et un pasteur. Instrument de ton corps est aussi ta petite raison, mon frère, que tu nommes esprit, petit instrument et jouet de ta grande raison.
Ton corps et sa grande raison, qui n'est je en parole mais je en action.
Se tromper sur l'allure d'une phrase, c'est faire erreur sur le sens de la phrase elle-même.
Quand on est jeune, on vénère ou on méprise sans encore cet art de la nuance qui forme le meilleur acquis de la vie, et l'on a comme de juste à payer cher pour n'avoir su opposer aux hommes et aux choses qu'un oui ou un non.
J'aime ceux qui ne cherchent pas, derrière les étoiles, une raison pour périr ou pour s'offrir en sacrifice; mais ceux qui se sacrifient à la terre, pour qu'un jour la terre appartienne au Surhomme.
Il est vrai que nous aimons la vie, mais ce n'est pas parce que nous sommes habitués à la vie, mais à l'amour.
Tout ce qui est bon est léger, tout ce qui est divin court sur des pieds délicats.
Le mot le plus pudique que j'aie jamais entendu : Dans le véritable amour, c'est l'âme qui enveloppe le corps.
Quand il nous faut réviser notre jugement sur le prochain, nous lui en voulons fort de l'incommodité qu'il nous cause.
L'homme qui cherche la connaissance ne doit pas seulement savoir aimer ses ennemis, mais aussi haïr ses amis.
J'aime tous ceux qui sont comme de lourdes gouttes tombant, une à une, du nuage sombre suspendu au-dessus des humains : ils annoncent la venue de la foudre et périssent, annonciateurs.
Celui qui est foncièrement un maître ne prend les choses au sérieux que par rapport à ses élèves, - voire lui-même.
La connaissance à cause d'elle-même, - voilà le dernier piège que tend la morale : c'est ainsi que l'on finit par s'y empêtrer de nouveau complètement.
L'amour d'un seul est une barbarie, car il s'exerce aux dépens de tous les autres. De même l'amour de Dieu.
Voilà ce que j'ai fait, dit ma mémoire. Je n'ai pu faire cela, - dit mon orgueil, qui reste inflexible. Et finalement c'est la mémoire qui cède.

Œuvres de Friedrich Wilhelm Nietzsche

Ainsi parlait Zarathoustra (1883-1885)Ainsi parlait Zarathoustra (1883-1885), De la Victoire sur soi-mêmeAinsi parlait Zarathoustra (1883-1885), De la domination de soiAinsi parlait Zarathoustra (1883-1885), Des miséricordieuxAinsi parlait Zarathoustra (1883-1885), La chanson ivreAinsi parlait Zarathoustra (1883-1885), La vieille et la jeune femmeApocrypheAu delà du Bien et du MalAu-delà du Bien et du MalAurore (1881)Aurore (1881), 112Aurore (1881), 252Aurore (1881), 443Aurore (1881), 447Cité par Jean Granier dans Nietzsche (1977).Cité par Louis Corman dans Nietzsche, psychologie des profondeurs.Considérations inactuelles (1874)Considérations inactuelles (1874), IIDans La Folie et la Chose littéraire de Shoshana Felman.Dans Nietzsche et la Commune (1981) de Marc Sautet.