Auteur

Frédéric Mistral

La peine, avec la liberté, trempe l'homme comme fer, et l'opulence fait des pourceaux.
Le soleil me fait chanter.
Dans la langue, un mystère, un vieux trésor se trouve... Chaque année, le rossignol revêt des plumes neuves, mais il garde sa chanson.
Les arbres aux racines profondes sont ceux qui montent haut.
Gai lézard, bois ton soleil! l'heure ne passe que trop vite, et demain il pleuvra peut-être.
Avant que le blé ne monte en épis, dans la terre il faut qu'il fermente. C'est la loi.
Les cinq doigts de la main ne sont pas tous égaux!
Fais que je puisse atteindre la branche des oiseaux!
Troupeau qui mène son gardien est broyé tôt ou tard dans la gueule du loup.
Bon d'être charitable, mais il vaut mieux tuer le diable que, par excès de vertu, te laisser tuer par lui.
Si ce n'est aujourd'hui, ce sera demain: rappelons-nous que la patience est le pilier de la sagesse.
Ame éternellement renaissante, - Ame joyeuse et fière et vive - Qui hennis dans le bruit du Rhône et de son venti - Ame des bois pleine d'harmonie - Et des calanques pleines de soleil; - De la patrie âme pieuse - Je t'appelle! incarne-toi dans mes vers provençaux!
Le soleil semble se coucher dans un verre de Tavel aux tons rubis irisés de topaze. Mais c'est pour mieux se lever dans les coeurs.
Et hors de lui le vannier éperdument vient se jeter sur le corps de Mireille, et l'infortuné dans ses embrassements frénétiques serre la morte.
Tout ce qui nous rend libres - félibres, félibres, - tout ce qui nous rend libres, - les aïeux l'ont voulu.
Gai lézard, bois ton soleil! - L'heure ne passe que trop vite, - Et demain il pleuvra peut-être.
Chantez, chantez magnanarelles, - Car la cueillette aime les chants.
Si ce n'est aujourd'hui, ce sera demain: - Rappelons-nous que la patience - Est le pilier de la sagesse.
Nous sommes les rejetons de la Grèce immortelle, - Nous sommes tes enfants, Orphée, homme divin! - Car nous sommes tes fils, ô Provence comtale.
Chaque année le rossignol revêt des plumes neuves, - mais il garde sa chanson.
Je te consacre Mireille, c'est mon coeur et mon âme ; - C'est la fleur de mes années, - C'est un raison de Crau qu'avec toutes ses feuilles - T'offre un paysan.
Je chante une jeune fille de Provence. - Dans les amours de sa jeunesse, - A travers la Crau, vers la mer, dans les blés, - Humble écolier du grand Homère, - Je veux la suivre.
Je chanterai, si Dieu veut, un enfant de Cassis, - Un simple pêcheur d'anchois - Qui, par la grâce et par la volonté - Du pur amour, conquit les joies, - L'Empire, la spendeur.
Le soleil éclaire le monde - Et le chauffe et le nourrit... - Dieu nous garde qu'il se cache ! - Car ce serait la fin de tout ! - - Fais briller ta lampe blonde ! - Chasse l'ombre et les fléaux ! - Vite ! vite ! vite ! - Montre-toi, beau soleil.
Chantons la gloire de nos pères - Qui dans l'histoire - Ont fait leur trou - Et qui toujours, nous disent les livres, - Sont restés libres - Comme la mer et le mistral.

Œuvres de Frédéric Mistral

Calendal (1867)Calendal (1867), I. Les Princes des BauxCalendal (1867), IXDevise de Mistral.Dédicace à LamartineInscription pour le cadran solaire de sa maison de Maillane.Inscription pour le cadran solaire de sa maison à Maillane.Les Iles d'or (1875)Les Iles d'or (1875), Enfance d'OrphéeLes Iles d'or (1875), I. Les Chansons : Hymne au soleilLes Iles d'or (1875), I. Les Chansons : Les enfants d'OrphéeLes Iles d'or (1875), III. Les Romances : Le RenégatLes Iles d'or (1875), V. Les Sirventes : A la race latineLes Iles d'or (1875), V. Les Sirventes : Aux poètes catalansLes Iles d'or (1875), V. Les Sirventes : Le psaume de la PénitenceLes Olivades (1912)Les Olivades (1912), La Chanson des aïeuxMireille (1859)Mireille (1859), IMireille (1859), I. Le mas des Micocoules