Auteur

Françoise Giroud

L'amour devenu sans objet n'entretient aucun foyer de lumière.
Plus nous en savons sur ce qui nous fait courir, moins nous savons courir avec allégresse.
Combien de fois faut-il que le bonheur vous ait glissé entre les doigts pour apprendre qu'il reviendra si on lui laisse la porte ouverte?
Venise, c'est une jeune fille tuberculeuse, poitrinaire comme on disait autre fois, moite dans sa robe de brocart, fardée par la fièvre, du sang bleu dans les veines, le col fléchi sous le poids de ses perles en forme de palais rongés par sa sueur.
Je crois que chaque être humain dispose d'une certaine aptitude au bonheur et d'une certaine capacité à souffrir et que, quelle que soit sa vie, il l'use en totalité.
Le Seigneur de la Terre est, je le crois, fils du hasard.
On a l'égoïsme que l'on peut.
Demain est une puissance cachée.
Agir, c'est se protéger.
Dans la mesure où je suis libre - mais je ne sais pas ce qu'est au juste la liberté -, je préfère ma soif de sens à la sécurité de ceux qui, croyant l'avoir trouvée, prétendent m'imposer leur vérité.
Je ne sais pas ce qu'est l'ordre des choses, à part le rythme des saisons et cette façon qu'a la terre de tourner sur ses gonds.
Toujours, j'ai eu le sentiment violent d'être provisoire et de m'inscrire, ... , point fugitif et infinitésimal dans la tapisserie sans fin de la vie universelle.
Ce vers quoi nous faisons mouvement n'est pas gravé dans le livre de la fatalité.
Chacun contribue à l'avènement de ce qu'il redoute, ou de ce qu'il souhaite.
Tant de merveilles derrière la vitrine et si peu entre nos mains... Cela m'est objet de permanente révolte. Renoncer, toujours renoncer.
L'ennui n'est pas que la vie soit courte. Je la trouve plutôt longue. C'est qu'elle vous laisse, et de si bonne heure, pauvre de toute la multisplendeur du monde.
Nous avons fait de Dieu une illusion attardée sous les oripeaux de la morale dite chrétienne.
L'homme sait faire de beaux jouets pour se distraire de sa condition.
Quand on a du temps pour tout, on ne fait plus rien. Le travail structure, l'absence de travail déstructure. Le loisir à foison n'est pas l'idée que je me fais du bonheur d'être.
J'aime qu'on me raconte des histoires. Alors quelquefois, je m'en raconte à moi-même pour me faire rire ou pleurer, puisées comme tout ce qui s'écrit.
Nous ne pouvons pas espérer construire un monde meilleur sans améliorer les individus.
Il ne s'agit plus d'apprendre à confectionner des bombes et à les jeter mais de mettre le feu dans les esprits: là est le secret du progrès social.
On ne possède pas un chat, c'est lui qui vous possède.
Epuisant, le verbe de Malraux était inépuisable. Il n'était pas obscur, puisqu'il donnait l'illusion de le comprendre. C'est après qu'on se demandait: «Mais qu'est-ce qu'il a dit?»
La condition féminine, c'était, si je puis dire, un ministère de mission horizontale.

Œuvres de Françoise Giroud

A propos de Jacques Chaban-Delmas dans l'Express, 1974.Bulletin d'information du secrétariat à la Culture n° 95C'est arrivé hierCe que je crois (1978)Chienne d'année (1995)Dans L'Express, 22 avril 1993.Dans Le Nouvel Observateur, 3-9 juin 1999Dans Le Nouvel Observateur, 6 décembre 2001.Dans l'hebdomadaire l'Express, janvier 1975.Françoise Giroud vous présente le Tout-Paris (1957)Gais-z-et-contents (1998)Histoire d'une femme libre (2013)Histoires (presque) vraies (2000)Interview au journal Le Monde le 11 mars 1983Journal d'une Parisienne (1994)Journal d'une parisienneL'Amour, Madame (1952) de Gilles GrangierLa Comédie du pouvoir (1977)La rumeur du mondeLeçons particulières (1990)