Auteur

François-René de Chateaubriand

Il y a toujours quelques points par où deux coeurs ne se touchent pas, et ces points suffisent à la longue pour rendre la vie insupportable.
L'amour n'étend point son empire sur les vers du cercueil.
La Gloire est née sans ailes ; il faut qu'elle emprunte celles des Muses quand elle veut s'envoler aux cieux.
Pour être un homme supérieur en affaires, il n'est pas question d'acquérir des qualités, il ne s'agit que d'en perdre.
Les passions et les vices vous relèguent dans la classe des esclaves.
Le génie est un Christ ; méconnu persécuté, battu de verges, couronné d'épines, mis en croix pour et par les hommes, il meurt en leur laissant la lumière et ressuscite adoré.
Comment trouver place sur une terre agrandie par la puissance d'ubiquité, et rétrécie par les petites proportions d'un globe souillé partout ? Il ne resterait qu'a la science le moyen de changer de planète.
Le poignard d'un Brutus peut être aisément forgé dans le sceptre de fer d'un César ; et les âmes énergiques, comme les volcans, jettent de grandes lumières et de grandes ténèbres.
Mais quand les services sont si éminents qu'ils excèdent les bornes de la reconnaissance, ils ne sont payés que par l'ingratitude.
Il reste à parler d'un état de l'âme qui, ce nous semble, n'a pas encore été bien observé : c'est celui qui précède le développement des passions, lorsque nos facultés, jeunes, actives, entières, mais renfermées, ne se sont exercées que sur elles-mêmes, sans but et sans objet. Plus les peuples avancent en civilisation, plus cet état du vague des passions augmente ; car il arrive alors une chose fort triste : le grand nombre d'exemples qu'on a sous les yeux, la multitude de livres qui traitent de l'homme et de ses sentiments rendent habile sans expérience. On est détrompé sans avoir joui ; il reste encore des désirs, et l'on n'a plus d'illusions. L'imagination est riche, abondante et merveilleuse ; l'existence pauvre, sèche et désenchantée. On habite avec un coeur plein un monde vide, et sans avoir usé de rien on est désabusé de tout.
L'imagination est riche, abondante et merveilleuse ; l'existence pauvre, sèche et désenchantée. On habite avec un coeur plein un monde vide, et sans avoir usé de rien on est désabusé de tout.
Une censure, fût-elle excellente, manque son but si elle est trop rude. En voulant corriger l'auteur, elle le révolte, et par cela même elle le confirme dans ses défauts ou le décourage, véritable malheur, si l'auteur a du talent. ll semble donc que l'on doit applaudir avec franchise à ce qu'il y a de bon dans un écrivain, et reprendre ce qu'il y a de mal avec ménagement et politesse.
Le seul moyen d'empêcher que cette humeur prenne sur nous trop d'empire serait peut-être d'abandonner la petite et facile critique des défauts, pour la grande et difficile critique des beautés.

Œuvres de François-René de Chateaubriand

ApocrypheAtalaAtala, ou Les Amours de deux sauvages dans le désert (1801)Atala, ou Les Amours de deux sauvages dans le désert (1801), Les laboureursAtala, ou Les Amours de deux sauvages dans le désert (1801), PrologueAtala, ou Les Amours de deux sauvages dans le désert (1801), PréfaceCité par Jacques Le Goff dans La Naissance du Purgatoire (1981).Congrès de Vérone (1838), Guerre d'Espagne de 1823De la Monarchie selon la charte (1816)Essai historique, politique et moral sur les révolutions anciennes et modernes... (1797)Essai sur la littérature anglaiseEssai sur les révolutionsEtudes historiques sur la chute de l'Empire romain (1831)Etudes historiques sur la chute de l'Empire romain (1831), PréfaceExamen des MartyrsHistoire de FranceHistoire de France, Charles VIHistoire de France, Charles VIIHistoire de France, Moeurs générales des XIIe, XIIIe et XIVe sièclesItinéraire de Paris à Jérusalem