Ce chant semble gonflé de sèves roucoulantes comme les gorgées d'eau des carafes de terre.
Confucius rendait les honneurs qui leur conviennent - aux morts, dans l'Empire bleu du Milieu. - Il souriait parce que l'eau éteint le feu - Comme la Vie éteint l'homme vers l'époque moyenne.
J'aime dans les temps Clara d'Ellébeuse, - l'écolière des anciens pensionnats, - qui allait, les soirs chauds, sous les tilleuls - lire les magazines d'autrefois.
Une bonne consolation est un amour charmant comme une jeune fraise au bord d'un vieux torrent.
Que c'est triste, que c'est triste, je trouve, ce temps où on se nommait Evariste.
Et moi, je ne sais pas ce que mes pensées pensent.
Et si tu n'a pas vu ce joli sentiment - que Zénaïde Fleuriot a nommé l'amour, - je te l'expliquerai lentement, lentement.
Je fais ce qui me fait plaisir, et ça m'ennuie de penser pourquoi.
Il arrive parfois, lorsqu'on se met en croix, - Que les clous vont blesser quelqu'un derrière soi.
Par le petit garçon qui meurt près de sa mère - Tandis que des enfants s'amusent au parterre - Et par l'oiseau blessé qui ne sait pas comment - Son aile tout à coup s'ensanglante et descend - Par la soif et la faim et le délire ardent - Je vous salue Marie.
Rien ne demeure plus des jours ... qu'empourpraient les agonies solaires de l'automne.
Les nuages légers et rares s'écaillaient, à peine ardoisés.
Le ciel était comme une harpe, où se tendaient les fils d'argent de l'averse, de haut en bas.
Il y a dans le regard des bêtes, une lumière profonde et doucement triste qui m'inspire une telle sympathie que mon âme s'ouvre comme un hospice à toutes les douleurs animales.
Et cette peur du péché, torture que peut seule comprendre une âme catholique, bouleverse en ce moment l'âme douce de Clara.
Un coq ridicule déchira le silence, perché sur le poulailler. Il avait un cri furieux.
La belle saison décline. Les jours qui suivent s'effeuillent sous les vents désolés d'automne ou s'endorment au bruit des pluies.
Et, quittant le domaine, elle se trouve sur le chemin craquelé par la chaleur, entre les fougères des talus.
Rien ne demeure plus des jours de grandes vacances qu'empourpraient les agonies solaires de l'Automne.
Tout s'empourpre, tout se dore. Les ramées obscures et cramoisies, pas encore dégarnies de leurs feuilles, s'épandent avec lourdeur au-dessus des gazons.
Il est midi. La canicule tombe des ormeaux bleus et noirs où éclate le cri d'une cigale.
J'ai compris quelle douleur peut éclore de l'amour, et quel aveuglement naître d'un regard.
Je m'embête; cueillez-moi des jeunes filles - et des iris bleus à l'ombre des charmilles ... - Ces vers que je fais m'embêtent aussi, - et mon chien se met à loucher, assis, - en écoutant la pendule - qui l'embête comme je m'embête.
Le bonheur entourait cette maison tranquille - Comme une eau bleue entoure exactement une île.
L'odeur du seringa s'exalte dans l'air chaud.
Œuvres de Francis Jammes
Almaïde d'Etremont ou l'histoire d'une jeune fille passionnée (1900)Champêtreries et méditations (1930), IIIChampêtreries et méditations (1930), XClairières dans le cielClairières dans le ciel (1906)Clara d'Ellebeuse ou l'histoire d'une ancienne jeune fille (1899)Contes, De la charité envers les bêtesDe l'angélus de l'aube à l'angélus du soirDe l'angélus de l'aube à l'angélus du soir (1898), Je m'embêteGéorgiques chrétiennesGéorgiques chrétiennes (1911-1912), Chant IL'Almanach du Poète Rustique (1920), Le mois de janvier: Jardin d'agrémentLa prièreLe Deuil des primevèresLe Premier Livre des quatrains (1923), Aux blondes de Louis-Philippe, XXXVIIILe Roman du lièvre (1903)Ma France poétique (1926), Personnes, Le MaçonNotesNotes sur quelques arbres