Auteur

Francis Bacon

On ne triomphe de la nature qu'en lui obéissant.
Les troubles et l'adversité ramènent à la religion.
Le grand attrait qui porte au célibat, c'est la liberté. II y a des esprits si amoureux de l'indépendance, que le moindre fil est un triple airain à leurs yeux.
Si certaines gens méprisent les richesses, c'est qu'ils désespèrent de s'enrichir.
Un corps sain est bonne demeure de l'âme; un corps malade en est la prison.
Le médecin pour guérir la maladie, tue le malade.
Notre fondation a pour fin de connaître les Causes, et le mouvement secret des choses ; et de reculer les bornes de l'Empire Humain en vue de réaliser toutes les choses possibles.
Il y a des idoles formées par les relations des hommes entre eux et les associations qu'ils forment, que j'appelle les idoles de la place du marché.
La science n'est rien d'autre que l'image de la vérité. Car la vérité d'être et la vérité de connaître sont une seule et même chose et ne diffèrent pas plus entre elles que le rayon direct et le rayon réfléchi.
Comme on dit ordinairement : «Va ! calomnie hardiment, il en reste toujours quelque chose...»
La vertu peut être comparée à certains aromates précieux qui ne répandent jamais plus d'odeur que lorsqu'on les broie ou qu'on les brûle; la prospérité découvre nos vices et l'adversité nos vertus.
L'amour conjugal fait naître le genre humain; l'amour social le perfectionne, mais l'amour impur le corrompt et le déshonore.
Il est vrai cependant qu'un peu de philosophie fait incliner les hommes vers l'athéisme, mais une connaissance plus approfondie de la nature les ramène à la religion.
Les rois sont semblables aux corps célestes, qui rendent les temps heureux ou malheureux par leur influence, et qui, en même temps qu'ils jouissent d'une grande considération, ne jouissent d'aucun repos.
Une foule n'est pas une compagnie, les visages ne sont qu'une galerie de tableaux et la conversation n'est rien qu'un bruit de cymbales.
De vrai, nous n'avons que peu affaire avec ceux qui se sont engagés dans la philosophie comme dans une promenade intellectuelle charmante et délicieuse, et non point comme dans une activité laborieuse et tourmentée.
La prospérité a un cortège de craintes et de déplaisirs ; l'adversité de réconforts et d'espoirs.
Je croirais plutôt toutes le fables des légendes et le Talmud et le Coran que cette création universelle n'ait pas de créateur.
On dit parfois que le Français est plus sage qu'il le paraît et que l'Espagnol paraît plus sage qu'il n'est. Si ce n'est pas vrai pour la nation, ce l'est en tout cas pour les individus.
Toute beauté remarquable a quelque bizarrerie dans ses proportions.
Le Seigneur Tout-Puissant commença par planter un jardin.
Les livres doivent suivre les sciences et non le contraire.
Je laisse et j'abandonne mon nom et ma mémoire aux discours des hommes charitables, aux nations étrangères et aux générations suivantes.
Mais une dernière observation à faire sur ce premier fruit de l'amitié, c'est que cette libre communication d'un homme avec son ami a deux effets qui, bien qu'opposés, sont également salutaires, savoir : de redoubler les joies et de diminuer les afflictions; car il n'est personne qui, en faisant part de ses succès à son ami, ne sente augmenter sa joie en la communiquant, et qui, au contraire, en répandant pour ainsi dire son âme dans le sein de son ami, et en lui révélant ses chagrins les plus secrets, ne se sente soulagé
Mais une dernière observation à faire sur ce premier fruit de l'amitié, c'est que cette libre communication d'un homme avec son ami a deux effets qui, bien qu'opposés, sont également salutaires, savoir : de redoubler les joies et de diminuer les afflictions

Œuvres de Francis Bacon

ApophtegmsDe dignitate et augmentis scientiarumDe dignitate et augmentis scientiarum, IDe dignitate et augmentis scientiarum, VI, 32De dignitate et augmentis scientiarum, VIII, 2De la dignitéDu mariage et du célibatEssai, sur l'athéismeEssaisEssais , XXVII. De l'amitiéEssais de morale et de politique (1597)Essais de morale et de politique (1597), Dignité et accroissementEssais de politique et de morale (1597)Essais, Des JardinsEssais, de l'adversitéEssais, de l'apparence de la sagesseEssais, de l'athéismeEssais, de la beautéEssais, sur l'AthéismeEssais, sur l'étude