C'était un magicien. Il ne rata pas son dernier tour. Il était vivant, l'instant d'après il ne l'était plus.
Auteur
Denis Langlois
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Avoir conscience du temps, c'est déjà perdre de précieux dixièmes de seconde.
Trembler pour l'avenir de ses enfants. Se dire: «Avec tous ces embryons, tous ces clones, on est capable de leur inventer l'immortalité.»
Un jour, en prenant sa douche, Dieu découvrit qu'il avait un nombril et commença à se poser la question de son origine.
Un homme de gauche doit-il refuser le paradis pour ne pas se retrouver à la droite du Seigneur ?
Dieu inventa Internet et fut tranquille avec les Terriens pour un bon bout de temps.
La faiblesse des idéologies révolutionnaires par rapport aux religions, c'est qu'elles promettent un paradis sur terre et que l'on peut vérifier le résultat.
Il est curieux de constater que le mot vie se termine par un «e» muet.
L'aube, prémisse d'un jour éclatant et béni des dieux, ne dispensera jamais de la recherche à l'aveuglette des pantoufles sous le lit.
Jamais au cours de sa vie il n'avait été capable de saisir les clins d'oeil du hasard, jamais il n'avait pu se rendre disponible pour l'aventure en dix minutes. Chaque fois il avait quelque chose de périssable dans son réfrigérateur.
«Du passé faisons table rase !» Il espérait faire la révolution, il ne fut qu'atteint de la maladie d'Elsheimer.
Quand vous ouvrez un robinet en fer ou en acier chromé, l'eau qui en sort se retrouve en bas. Cela signifie que l'eau est plus lourde que le fer et l'acier chromé.
J'ai toujours été distrait. Je ne me suis rendu compte de l'existence des téléphones portables que, lorsque, dans le train, un homme assis à côté de moi a hurlé: «J'urine nettement mieux maintenant».
Nul n'est censé ignorer la loi. Voler un exemplaire du Code pénal chez un libraire fait-il bénéficier de circonstances atténuantes ?
J'ai perdu un ami chaque fois que j'ai eu l'imprudence de répondre à la question: «Dis-moi franchement ce que tu penses de moi ?».
La mémoire est chose curieuse. Plus on vieillit, plus on connaît de gens qui s'appellent Machin.
«Partir, c'est mourir un peu.» Il fit le choix de l'immortalité en demeurant obstinément dans son deux pièces-cuisine.
Il participait à tous les voyages organisés: il avait fait la croisière du Nil, la grande muraille de Chine, les fjords de Norvège, il termina par la visite du cimetière Montparnasse.
On l'encourageait: «Tiens bon la rampe !». Un jour, on le releva au bas de l'escalier, le crâne fracturé. Il serrait encore dans sa main droite un morceau de rampe de 51 centimètres.
Après la mort, il y a la résurrection. Commençons par la résurrection.
Je ne permettrai à personne de dire que vingt ans est le plus bel âge de la vie. C'est cette année-là qu'on m'a piqué ma mobylette.
Philosophez sur le sens de la vie, dites-en ce que vous voulez, c'est-à-dire n'importe quoi. Vous ne risquez pas d'être démenti.
Par grand vent, le temps passe-t-il plus vite ?
Je n'ai jamais compris si c'était mon père ou ma mère qui se déguisait en Père Noël.
On croit être original parce qu'on ne vit pas comme les autres et on s'aperçoit qu'on est nombreux à ne pas vivre comme les autres.
Œuvres de Denis Langlois
ARPA, Revue de poésie (janvier 2008)Guide du citoyen face à la police (1980)La Politique expliquée aux enfants (et aux autres) (2002)Le Hasard sonne toujours une fois (2006)Les Partageux ne meurent jamais (1992)N'avouez jamais, on pourrait vous croire, Voix d'encre n° 34 (mars 2006)Revue \"Secousse\", juin 2016Slogans pour les prochaines révolutions (2008)