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Claude Orland, dit Claude Roy

Ma bibliothèque est comme un tonneau, au choix à moitié vide ou à moitié pleine. Je la regarde heureux, en savourant tout ce qui me reste à lire. Ou malheureux, en me disant que je ne vivrai sûrement pas assez longtemps pour avoir tout lu.
Les paroles en l'air et le papier pour rien composent l'inutile fumier des jours.
Le bonheur a les yeux fermés pour écouter sa source.
Il vaut mieux que deux soient ensemble. Et si possible toi et moi.
Jimmy était un colosse mou et myope, deux cent livres de viande calme imbibée de whisky, surmontée de hublots.
C'est pourtant un des grands périls de l'amitié, que de la voir traversée d'un amour. Il n'est alors pas de milieu.
Peter Brook dit que les chefs d'orchestre ont en général un corps souple et vivant jusqu'au grand âge, parce qu'ils ne font pas d'«exercice» mais se servent de leur corps pour signifier, éclairer, communiquer, interpréter une musique.
Pour les Grecs «ce qui nous aide dans l'amitié n'est pas tant l'aide que nous donnent les amis que notre confiance dans cette aide.»
L'attachement à un être mortel peut devenir une forme assez monstrueuse (et d'autant plus monstrueuse qu'inconsciente) d'attachement à soi. L'amour de soi est une pulsion si forte qu'elle se déguise parfois en amour d'autrui.
Aime-toi le ciel t'aimera.
Dis-moi Qu'as-tu choisi ? Qu'est ce que tu veux garder ? Que veux-tu conserver dans la tirelire du temps dans ton léger trésor d'instants sauvés ?
Le courage n'est pas une vertu en soi. Le seul courage intéressant, c'est le courage intelligent, le courage pour de vraies raisons.
Aimer, c'est accepter de s'abandonner, c'est donner prise.
L'enfance est terminée quand on n'a plus besoin de se rassurer par la répétition. La jeunesse est terminée quand on revient au repos de la répétition.
Jamais jamais je ne pourrai dormir tranquille aussi longtemps que d'autres n'auront pas le sommeil et l'abri ni jamais vivre de bon coeur tant qu'il faudra que d'autres meurent qui ne savent pas pourquoi.
Quand tu écris, garde à portée de la main le fusil à tuer les adjectifs.
L'esprit, c'est comme l'argent : on en a en général aux dépens d'autrui.

Œuvres de Claude Orland, dit Claude Roy

A tort ou à raison (1955)Jamais je ne pourrai (1970)L'Etonnement du voyageur, 1987-1989 (1990)La dérobée (1968)La fleur du temps, 1983-1987 (1988)Le Commerce des classiquesLe malheur d'aimer (1958)Les rencontres des jours, 1992-1993 (1995)Nous (1972)Permis de séjour, 1977-1982 (1983)Poésies, Jamais je ne pourrai