Pierre m'expliqua qu'il fallait, en politique comme en amour, savoir s'attacher sans se lier, pouvoir servir sans s'asservir, se battre ensemble.
Auteur
Claude Orland, dit Claude Roy
Les temps étaient trop graves pour s'autoriser le rire destructeur.
Le communisme c'était cela, d'abord: dégripper la mécanique, le piège à mort, la misère qui engendre les fuyards de la misère.
Je voulais le doux de la tendresse, le chaud de la maison, le confortement de l'appui, le repos de la répétition.
Il sismographie seulement son oeuvre complète: dessinant sans relâche la bande déssinée de sa vie, l'électrocardiogramme de ses sentiments.
Elle se nommait Vervin, et claire elle était, dans l'embu d'un chagrin inexpliqué.
Aimer, c'est demander à une personne le don de ce qu'elle a de plus impersonnel.
Les dictionnaires, les encyclopédies, les manuels, c'est une assurance, des provisions mises en réserve en prévision des trous noirs d'ignorance qui, inexorablement, s'ouvriront sous nos pas.
L'amour est un tranquillisant, mais il est recommandé de prendre garde aux effets secondaires.
Cette manie qu'a Shakespeare d'écrire à coup de citations. Et, de plus, archi connues.
L'amour c'est aussi cette façon d'être deux à ne pas être ensemble, distance qu'il ne faut pas nier, mais savoir reconnaître.
L'amour qui réchauffe et vivifie, n'est pas celui qui brûle et consume.
On n'aime pas parce qu'on est amoureux, mais on est amoureux parce qu'on aime. La personne, disais-je, a tout de même sa petite importance, non?
Il y a un état vague, un manque qui cherche à se combler, une absence vague, qui toujours, statistiquement, rencontre ou invente une présence. Le verbe aimer, c'est le comble du vague.
Mais qui est vraiment avec nous? Seulement ceux qu'on aime.
Les gens heureux n'ont pas d'histoire. Ils s'en inventent.
La ligne droite est le plus court chemin de la simplicité à la bêtise. Une raison qui saute trop vite aux yeux rend aveugle.
Je l'ai aimée à la folie. Je crois que nous ne sommes jamais parvenus à nous aimer à la sagesse.
La curiosité est le commencement de la bienveillance. Hérodote nous donne en exemple la première des vertus du reporter, qui est la sympathie. Il y a en lui une disposition toujours rebondissante à comprendre.
Quand on est perdu dans la forêt, oui, Descartes a raison: il vaut mieux marcher droit, seul moyen d'en sortir.
Quand on est de mauvaise humeur, il vaut mieux s'appliquer à être poli: ça lisse, ça calme.
Il y a mieux encore que le calme de la solitude: la présence silencieuse de l'être aimé, tout près. On est seul, en sachant qu'on pourrait ne pas l'être.
Le bonheur rend les sots satisfaits: ils croient l'avoir mérité.
Mon amour ma clarté ma mouette mon long cours - Depuis dix ans je t'aime et par toi recommence - Me change et me défais m'accrois et me libère - Mon amour mon pensif et mon rieur ombrage - En t'aimant j'ouvre grand les portes de la vie.
Tout ce qu'on pourrait conseiller, si les conseils avaient ici un sens, c'est d'aimer de préférence qui on aimera toujours lorsqu'on ne l'aimera plus. L'amour crée la tendresse, qui survit à l'amour.
Œuvres de Claude Orland, dit Claude Roy
A tort ou à raison (1955)Jamais je ne pourrai (1970)L'Etonnement du voyageur, 1987-1989 (1990)La dérobée (1968)La fleur du temps, 1983-1987 (1988)Le Commerce des classiquesLe malheur d'aimer (1958)Les rencontres des jours, 1992-1993 (1995)Nous (1972)Permis de séjour, 1977-1982 (1983)Poésies, Jamais je ne pourrai