Auteur

Claude Michelet

L'individu est fait pour prendre sa liberté, l'investir, s'élever, s'accomplir en fonction de ses idées et de sa capacité à critiquer.
Il resta ébahi devant Notre-Dame, ce merveilleux tas de pierres. Il lui importait peu que des milliers d'hommes aient collaboré à ce chef-d'œuvre. Ce qu'il retint, ce fut qu'un inconnu ait un jour décidé de s'attaquer à cette tâche.
Il resta ébahi devant Notre-Dame, ce merveilleux tas de pierres. Il lui importait peu que des milliers d'hommes aient collaboré à ce chef-d'œuvre. Ce qu'il retint, ce fut qu'un inconnu ait un jour décidé de s'attaquer à cette tâche. La tour Eiffel, en revanche, l'étonna sans l'émerveiller. Elle était à ses yeux trop simple, ou trop compliquée. Ce n'était que ferraille boulonnée et peinte. Ici, nulle trace de cette nature que l'on sentait dans tous les monuments de pierre et qui leur conférait tant de beauté
Le religieux qui s'enferme au plus profond d'un monastère pour y chercher le silence regrette parfois de ne pouvoir le rompre.
L'individu est fait pour prendre sa liberté, l'investir, s'élever, s'accomplir en fonction de ses idées et de sa capacité à critiquer.
La terre est lourde d'enseignement. Elle apprend la modestie.
Souviens-toi de la parabole des talents, Dieu te demandera un jour ce que tu as fait de ton fils !
Avec la guerre, ce n'étaient pas seulement un million trois cent mille hommes qui étaient morts, c'était toute une époque, un siècle même. Cela se décelait à mille détails flagrants, et chaque jour qui passait apportait la preuve qu'une ère nouvelle était en train de naître.
Vous deux, rien qu'à vous regarder, on sait que vous êtes comme les doigts d'une main ; mieux même, comme les yeux d'un visage, l'un ne tourne pas sans l'autre.
Quoi encore ? Il a vendu une vache laitière sans pis en jurant qu'elle ferait quand même ses douze litres par jour ?
C'est avec une véritable jouissance qu'il avait retrouvé, tout de suite, sans hésiter, ses gestes, ses habitudes, sa technique de laboureur. Avec un plaisir immense qu'il avait réentendu le chant, un peu gras et parfois crissant, de la terre qui se fend, s'ouvre, se love en sifflant contre le versoir. Avec une joie complète qu'il avait apprécié l'étalement luisant des sillons qu'il créait, qu'il accolait un à un, nets, droits, bien découpés.
Tu es belle, j'aime tes rides et je les connais toutes, elles sont tes décorations à toi.
Il se rappela soudain que Jacques l'avait prévenu, la veille, qu'on allait changer d'heure. Il n'avait rien compris à ce que lui avait expliqué son fils, mais avait annoncé que, de toute façon, le soleil et lui n'avaient rien à foutre de ce que décidaient les abrutis de Parisiens !
C'est important de savoir d'où on vient, ça donne des racines. Et on dira ce qu'on voudra, les racines, ça permet de bien se tenir fier et de bien résister aux tempêtes, aussi !
Changer d'heure ? Avait-il lancé, et puis quoi encore ? Ils pourraient demander à la lune de se lever à l'ouest tant qu ils y sont, ces ânes ! Ne compte pas sur moi pour me plier à cette couillonnade !
Assoupie dans le brouillard opaque qui sévissait depuis deux jours, la forêt perdait ses dernières feuilles. déjà, un mois plus tôt, au lendemain des premières gelées d'octobre, peupliers, charmes et frênes avaient pris leur silhouette d'hiver, grands squelettes grisâtres et griffus entre les bras desquels feulait le vent d'est comme un chat apeuré. Et maintenant pleuraient les chênes centenaires en de longs sanglots de feuilles brunes qui ruisselaient dans les gaulis avant de se noyer dans la houle rousse des fougères pétrifiées.
Assoupie dans le brouillard opaque qui sévissait depuis deux jours, la forêt perdait ses dernières feuilles. déjà, un mois plus tôt, au lendemain des premières gelées d'octobre, peupliers, charmes et frênes avaient pris leur silhouette d'hiver, grands squelettes grisâtres et griffus entre les bras desquels feulait le vent d'est comme un chat apeuré.
Et maintenant pleuraient les chênes centenaires en de longs sanglots de feuilles brunes qui ruisselaient dans les gaulis avant de se noyer dans la houle rousse des fougères pétrifiées.
C'est parce que je doute que je cherche, que je me bats, que je me force à avancer toujours un peu plus loin, que j'essaie de faire un pas de plus alors que mes pieds sont de plus en plus lourds et ma fatigue de plus en plus pesante. Mais je chercherai et agirai ainsi tant qu'il me restera un souffle de vie et le courage de m'en servir pour aller de l'avant et, peut-être, comprendre enfin...
Allez, viens, mon petit, tu ne trouveras plus rien ici, sauf du désespoir, et lui, une fois qu'il a pris la part qui lui revient, il faut se garder de lui en donner plus, c'est un tueur.
Nous n'avons pas le droit au découragement et, si parfois Dieu nous y laisse succomber, c'est pour mieux nous aider à le combattre et à le vaincre.
Pour lui, il était naturel qu'existent des riches et des pauvres, des hommes libres et des serfs. Et si c'était ainsi ce ne pouvait être que par la volonté du ciel. Il n'y avait pas à revenir là-dessus et il n'était même pas loin de penser que vouloir le faire était presque sacrilège puisque c'était remettre en cause l'ordre établi par Dieu Lui-même.

Œuvres de Claude Michelet

Des grives aux loups (1979)La grande muraille (1979)Les défricheurs d’Éternité (2000)