Auteur

Charles de Secondat, baron de Montesquieu

Je pardonne aisément, par la raison que je ne sais pas haïr. Il me semble que la haine est douloureuse.
Je suis distrait, je n'ai de mémoire que dans le coeur.
Je suis homme avant d'être Français.
Nous louons les gens à proportion de l'estime qu'ils ont pour nous.
On raille de tout, parce que tout a un revers.
On se fie à un honnête homme, comme on se fie à un banquier riche.
La plupart des gens vous nuisent, sans avoir la moindre intention de vous nuire. Ils ont parlé contre vous parce qu'ils étaient dans l'impuissance de se taire.
La plupart des hommes sont plus capables de grandes actions que de bonnes.
La plupart des mépris ne valent que des mépris.
Pour écrire bien, il faut sauter les idées intermédiaires, assez pour n'être pas ennuyeux; pas trop, de peur de n'être pas entendu.
La pudeur sied bien à tout le monde; mais il faut savoir la vaincre et jamais la perdre.
Quand il s'agit d'obtenir les honneurs, on rame avec le mérite personnel, et on vogue à pleines voiles avec la naissance.
Quand on a été femme à Paris on ne peut être femme ailleurs.
Quand on veut gouverner les hommes, il ne faut pas les chasser devant soi. Il faut les faire suivre.
Les richesses sont un tort que l'on a à séparer, et l'on pourrait dire: «Excusez-moi si je suis riche!»
Si on ne voulait être qu'heureux, cela seroit bientôt fait. Mais on veut être plus heureux que les autres, et cela est presque toujours difficile, parce que nous croyons les autres plus heureux qu'ils ne sont.
Le souper tue la moitié de Paris, le dîner l'autre.
Tous les hommes sont des bêtes; les princes sont des bêtes qui ne sont pas attachées.
Tous les maris sont laids.
Tout homme doit être poli; mais il doit aussi être libre.
Une chose n'est pas juste parce qu'elle est loi. Mais elle doit être loi parce qu'elle est juste.
Un fonds de modestie rapporte un très gros intérêt.
Un homme n'est pas malheureux parce qu'il a de l'ambition, mais parce qu'il en est dévoré.
Voltaire n'écrira jamais une bonne histoire. Il est comme les moines qui n'écrivent pas pour le sujet qu'ils traitent, mais pour la gloire de leur ordre. Voltaire écrit pour son couvent.
Les desseins qui ont besoin de beaucoup de temps pour être exécutés ne réussissent presque jamais.

Œuvres de Charles de Secondat, baron de Montesquieu

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