L'éloquence continue l'ennuie.
Les enfants qui s'effrayent du visage qu'ils ont barbouillé, ce sont des enfants; mais le moyen que ce qui est si faible étant enfant, soit bien fort étant plus âgé!
L'éternuement absorbe toutes les fonctions de l'âme ...
La grandeur de l'homme est grande en ce qu'il se connaît misérable. Un arbre ne se connaît pas misérable. C'est donc être misérable que de se connaître misérable; mais c'est être grand que de connaître qu'on est misérable.
L'homme n'est ni ange ni bête, et le malheur veut que qui veut faire l'ange fait la bête.
Les hommes sont si nécessairement fous, que ce serait être fou par un autre tour de folie, de n'être pas fou.
Il n'y a que deux sortes d'hommes: les uns justes, qui se croient pécheurs; les autres pécheurs, qui se croient justes.
Imagination - C'est cette partie décevante dans l'homme, cette maîtresse d'erreur et de fausseté, et d'autant plus fourbe qu'elle ne l'est pas toujours; car elle serait règle infaillible de vérité, si elle l'était infaillible du mensonge.
Je blâme également, et ceux qui prennent parti de louer l'homme, et ceux qui le prennent de le blâmer, et ceux qui le prennent de se divertir; et je ne puis approuver que ceux qui cherchent en gémissant.
Je ne crois que les histoires dont les témoins se feraient égorger.
Je ne puis pardonner à Descartes: il aurait bien voulu, dans toute sa philosophie, pouvoir se passer de Dieu; mais il n'a pu s'empêcher de lui faire donner une chiquenaude, pour mettre le monde en mouvement; après cela, il n'a plus que faire de Dieu.
Je pensais à toi dans mon agonie, j'ai versé telles gouttes de sang pour toi.
Jésus sera en agonie jusqu'à la fin du monde: il ne faut pas dormir pendant ce temps-là.
Mien, tien. «Ce chien est à moi, disaient ces pauvres enfants; c'est là ma place au soleil.» Voilà le commencement et l'image de l'usurpation de toute la terre.
(Les misères de l'homme.) Ce sont misères de grands seigneur, misères d'un roi dépossédé.
Le moi est haïssable. - Mais le je est passable.
La multitude qui ne se réduit pas à l'unité est confusion; l'unité qui ne dépend pas de la multitude est tyrannie.
Ni la contradiction n'est marque de fausseté, ni l'incontradiction n'est marque de vérité.
Non seulement nous ne connaissons Dieu que par Jésus-Christ, mais nous ne nous connaissons nous-mêmes que par Jésus-Christ. Nous ne connaissons la vie, la mort que par Jésus-Christ.
Nous avons une impuissance de prouver, invincible à tout le dogmatisme. Nous avons une idée de la vérité, invincible à tout le pyrrhonisme.
Nous sommes plaisants de nous reposer dans la société de nos semblables: misérables comme nous, impuissants comme nous, ils ne nous aideront pas; on mourra seul.
On ne montre pas sa grandeur pour être à une extrémité, mais bien en touchant les deux à la fois, et remplissant tout l'entre-deux.
On ne s'imagine Platon et Aristote qu'avec de grandes robes de pédants. C'étaient des gens honnêtes et, comme les autres, riant avec leurs amis; et, quand ils se sont divertis à faire leurs Lois et leur Politique, ils l'ont fait en se jouant.
On se persuade mieux, pour l'ordinaire, par des raisons qu'on a soi-même trouvées, que par celles qui sont venues dans l'esprit des autres.
Pensée fait la grandeur de l'homme.
Œuvres de Blaise Pascal
Chap. XXV - Faiblesse de l’hommeDe l'Esprit géométrique et de l'Art de persuader (1657)De l'esprit géométriqueDiscours sur la condition des grands, IIDiscours sur les passions de l'amourDiscours sur les passions de l'amour (1652-1653)Entretien avec M. de SacyEntretien avec M. de Sacy.Fragment de préface pour le traité du vide (1647)Les provinciales (1656)Les provinciales (1656), 16Les provinciales (1656), 6Les provinciales (1656), IILes provinciales (1656), IIILes provinciales (1656), IXLes provinciales (1656), VILes provinciales (1656), XLes provinciales (1656), XILes provinciales (1656), XIILes provinciales (1656), XV